Révolution dans les missions mondiales (Page 16 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

Pourquoi devrais-je créer des remous?

Vers la fin de 1981, il semblait bien que, Gospel for Asia commençait à se faire accepter. Des gens de partout aux États-Unis et au Canada contribuaient maintenant au ministère qui équipait les missionnaires pour l'évangélisation dans leur propre pays.

Pendant que Gisela et nos employés de Dallas s'occupaient à jumeler nos nouveaux parrains à des missionnaires natifs, j'ai senti que le Seigneur me demandait de faire une tournée dans quatorze villes du Texas pour rencontrer personnellement quelques-uns de ces nouveaux donateurs. Je communiquais d'abord par téléphone avec les personnes pour me présenter et les remercier de s'être engagées à soutenir un missionnaire natif.

La réponse des gens m'a étonnée. La plupart d'entre eux m'avaient entendu à la radio et semblaient enchantés d'avoir l'occasion de me rencontrer. Dans chaque ville, quelqu'un offrait de m'héberger et on organisait des réunions dans les maisons ou les églises. Les gens avaient une attitude différente avec moi maintenant que j'étais président et directeur d'une importante organisation missionnaire.

Loin d'en être flatté, j'étais plus terrifié que jamais; j'avais peur de l'échec et du rejet. J'avais un horaire bien chargé, la publicité avait été faite, et, tout à coup, une peur déraisonnable me submergeait. J'étais pris d'une grande fatigue, et plus le jour de mon départ approchait, plus je cherchais des excuses pour annuler le voyage.

J'ai essayé de m'en sortir en disant : « Ma famille et le bureau ont davantage besoin de moi. De plus, je voyagerai seul, ce qui est dangereux et difficile. Le mieux serait vraiment que j'attende que quelqu'un puisse m'accompagner. »

Un matin, alors que j'avais presque réussi à me convaincre de ne pas partir, le Seigneur m'a parlé de façon très claire durant mon culte personnel. Tout comme dans les autres occasions où il s'était adressé à moi, j'ai senti sa présence dans la pièce. Reprenant les paroles qu'Il avait prononcées dans Jean 10, il m'a dit : « Mes brebis entendent ma voix, je les connais, et elles me suivent : mes brebis me suivent parce qu'elles connaissent ma voix. »

Ce n'était pas nécessaire d'interpréter le message, il était bien clair. Le Seigneur m'avait ordonné de faire ce voyage. Il l'avait organisé et ouvert les portes. Je devais me voir comme une petite brebis et suivre mon Berger, là où il voulait que j'aille. Il passerait devant moi dans chaque église et dans toutes les maisons où je devais rester.

Ces deux semaines se sont avérées divines. Dans chacune des maisons et des églises où je suis allé, j'ai eu de merveilleux moments de communion fraternelle avec mes nouveaux amis, et de nouveaux donateurs se sont ajoutés à la liste.

L'église de Victoria au Texas était un de mes derniers arrêts, et le Seigneur m'avait réservé une surprise à cet endroit. Toutefois, Il devait me préparer à la recevoir. En voyageant de ville en ville, j'étais souvent seul dans la voiture, alors le Seigneur traitait avec moi de certains points importants qui auraient un impact sur l'avenir du ministère et de ma marche personnelle avec lui.

Un de ces points concernait une des plus importantes décisions que j'aurais à prendre. Depuis de nombreuses années, je souffrais énormément à cause de ce qui me semblait être un sérieux déséquilibre entre les efforts missionnaires que les chrétiens consacraient à la proclamation de l'Évangile et le maintien des institutions telles que les hôpitaux et les écoles. Au cours de mes voyages en Inde et les pays occidentaux, j'ai découvert une grande préoccupation pour les activités soi-disant « missionnaires » dirigées par les ouvriers chrétiens, financées par les églises, qui n'ont pour ainsi dire rien de bien différents des autres programmes sociaux.

Les missions nord-américaines dépensent un trop grand pourcentage de leurs ressources sur des choses qui n'ont rien à voir avec leur but premier, soit d'implanter des églises. C. Peter Wagner, dans son livre On the Crest of the Wave a écrit : « J'ai devant moi une liste récente d'offres d'emplois d'une agence missionnaire que je ne nommerai pas. Des 50 catégories d'emplois listées, seulement deux ont trait à l'évangélisation, et toutes les deux concernent la jeunesse. Dans les autres catégories, on recherche, entre autres, des agronomes, des professeurs de musique, du personnel infirmier, des mécaniciens automobiles, des secrétaires, des professeurs en électronique et des écologistes. »

La conscience sociale est un fruit naturel de l'Évangile. Mais d'en faire la priorité revient à « mettre la charrue devant les bœufs ». Par expérience, nous avons vu qu'essayer de se concentrer uniquement sur les besoins sociaux des gens n'a servi à rien en Inde depuis plus de 200 ans.

Quoique je sache que l'essence même de l'Évangile consiste à prendre soin des pauvres, je sais qu'il faut d'abord leur annoncer la Bonne Nouvelle. Subvenir à leurs besoins est un moyen de leur partager l'amour de Christ de sorte qu'ils puissent être sauvés pour l'éternité. Je n'ai pas choisi cette voie en prétendant que les autres organismes chrétiens et humanitaires n'ont pas la bonne méthode. Non, la plupart font un travail exceptionnel, mais, à mon avis, l'Église locale devrait être au centre de l'action, et je voulais rétablir l'équilibre.

Je n'ai pas parlé ouvertement de ma décision, car je savais que ce sujet en était un de controverse. J'avais peur que les gens pensent que je portais des jugements, ou qu'ils me prennent pour un réactionnaire ou un fanatique. Je voulais seulement aider le mouvement missionnaire et je savais qu'engager un débat sur les stratégies de la mission ne ferait qu'entraver la productivité.

Et puis, je suis arrivé à Victoria dans le Texas.

Ma présentation s'est bien déroulée. J'ai présenté les diapositives de Gospel for Asia et j'ai fait une demande passionnée pour notre œuvre. J'ai expliqué la philosophie de notre ministère, citant des références bibliques pour faire comprendre que les asiatiques sont condamnés à l'enfer s'il n'y a pas de missionnaires natifs pour leur présenter l'Évangile.

Soudainement, j'ai senti que le Saint-Esprit me poussait à parler des dangers liés à l'évangélisation socio-humaniste. Je me suis arrêté un court instant, puis j'ai repris mon discours sans le mentionner. Je n'avais tout simplement pas le courage d'en parler. Je pourrais me faire des ennemis partout. Les gens pourraient croire que j'étais un fou insensible et indifférent à tout le travail que certains chrétiens font pour les affamés, les démunis et ceux qui souffrent. Pourquoi devrais-je créer des remous? J'ai réussi à terminer ma présentation et, me sentant soulagé, j'ai invité les auditeurs à poser des questions.

Seulement, le Saint-Esprit n'avait pas l'intention de lâcher prise.

Un homme de grande taille, venant du fond de la salle, remontait l'allée d'un pas décidé. Il semblait devenir de plus en plus grand à mesure qu'il approchait de moi. Je ne le connaissais pas et je ne savais pas ce qu'il voulait me dire, mais d'instinct je comprenais qu'il était envoyé par Dieu. Arrivé à mes côtés, il a entouré mes minuscules épaules de son énorme bras et a dit quelque chose qui, à ce jour, résonne encore dans mes oreilles : « Notre frère, ici, a peur de dire la vérité… il lutte avec ses sentiments. » Je sentais mon cou et mon visage rougir de honte. Comment ce cowboy pouvait-il savoir cela? Toutefois, j'étais sur le point de voir la preuve que l'Esprit du Dieu vivant se servait bel et bien de ce grand Texan pour me livrer une puissante confirmation de sa volonté et pour me réprimander.

L'homme a continué, en disant : « Le Seigneur vous a conduit sur un chemin que d'autres n'ont pas emprunté et il vous a montré des choses qu'aucune autre personne n'a vues. Les âmes de millions de personnes sont en jeu. Vous devez dire la vérité à propos des priorités mal placées dans les missions. Vous devez appeler le corps de Christ à se remettre à la tâche de prêcher le salut pour sauver les âmes de l'enfer. »

Je me sentais comme un bon à rien, et pourtant, c'était indéniablement une prophétie miraculeuse inspirée par Dieu, confirmant ma désobéissance et le message que Dieu m'avait appelé à prêcher avec assurance. Or, je n'étais pas encore arrivé au bout de mon humiliation et de ma délivrance.

L'homme a continué : « Le Seigneur m'a dit d'appeler les anciens à venir prier pour que vous soyez délivré de cette crainte. »

Tout à coup, j'avais l'impression d'être un moins que rien. On m'avait présenté comme un grand dirigeant de missions, et je me sentais maintenant comme un petit agneau. Je voulais me défendre. À mon avis, je n'étais pas du tout dominé par la peur, mais j'agissais plutôt de manière à protéger les intérêts de notre mission. Néanmoins, je me suis soumis, me sentant quelque peu ridicule lorsque les anciens m'ont entouré et ont commencé à prier pour que je sois oint d'une puissance divine dans mon ministère.

Alors, j'ai ressenti la puissance de Dieu qui m'enveloppait. Quelques minutes plus tard, je me suis relevé, un homme nouveau. J'étais délivré de l'esclavage de la peur. Je n'avais plus aucun doute que Dieu avait placé dans mon cœur le fardeau de prêcher ce message.

Depuis ce jour, j'insiste sur le fait que nous devons reprendre l'authentique Évangile de Christ, message équilibré du Nouveau Testament qui ne commence pas avec les besoins physiques des gens, mais avec le plan et la sagesse de Dieu, selon lequel il faut naître de nouveau pour obtenir la justice, la sanctification et la rédemption. Toute « mission » qui s'occupe uniquement des besoins fondamentaux du monde est une trahison envers Christ, et la Bible appelle cela un « autre évangile ». Il ne peut ni sauver ni racheter les individus ou la société. L'Évangile que nous prêchons ne concerne pas que les temps présents, il concerne aussi l'éternité.

Le problème avec les demi-vérités, c'est qu'elles contiennent des mensonges à part entière. C'est le cas en ce qui concerne cette déclaration qui a été faite, à la conférence internationale sur les missions à Jérusalem, en 1928 : « Nos pères étaient frappés d'horreur devant les milliers de gens qui mouraient sans Christ; nous sommes de même frappés d'horreur à la vue de toutes ces personnes qui vivent sans Christ. »

De cette rhétorique, habituellement livrée avec passion par un nombre croissant d'humanistes sincères dans nos églises, sont institués une myriade de programmes sociaux inspirés du monde. De tels efforts privent les pauvres du salut et de la rédemption, ce qui les condamne donc à passer l'éternité en enfer.

Bien entendu, cette déclaration renferme une vérité fondamentale. La vie sans Christ est une existence horriblement vide; vide d'espoir et de sens. Mais le mensonge subtil qui se cache derrière cet humanisme, c'est qu'il accorde l'importance au bien-être dans cette vie physique.

Peu de gens réalisent, cependant, que cet enseignement est issu de l'influence des humanistes du 19e siècle. Ce sont ces mêmes hommes qui nous ont donné l'athéisme, le communisme et les autres philosophies modernes qui nient la souveraineté de Dieu dans les affaires des hommes. Ils sont ce que la Bible appelle des « antéchrists ».

Inconsciemment, l'homme moderne tient en haute estime, les idéaux humanistes du bonheur, de la liberté et du progrès économique, culturel et social de l'humanité. Cette philosophie séculière dit que Dieu, le ciel et l'enfer n'existent pas; qu'on n'a qu'une chance à la vie, alors, autant faire tout ce qu'il faut pour être le plus heureux possible. Elle dit également que, « puisque les hommes sont tous frères » nous devons travailler à ce qui contribue au bien-être de tous les êtres humains.

Cet enseignement, si attirant en surface, s'est introduit dans nos églises, créant un évangile humain centré sur l'homme, basé sur le changement de son environnement et de son statut social en subvenant à ses besoins physiques. Il en paie le prix de son âme éternelle.

Le soi-disant évangile humaniste, qui n'a vraiment rien à voir avec la « Bonne Nouvelle », est connu sous divers noms. Quelques-uns le défendent en utilisant des termes bibliques et théologiques bien connus; certains le nomment « évangile social » ou « évangile holistique ». Seulement, l'étiquette qu'on y appose n'a pas d'importance.

On reconnaît l'évangile humaniste en ce qu'il refuse d'admettre que le problème de l'humanité est spirituel et non physique. L'humaniste ne vous dira pas que le péché est la cause de toute la souffrance humaine. Depuis peu, ce mouvement humaniste soutient que nous devrions diriger les missions de façon à subvenir à tous les besoins de l'homme, mais il en résulte qu'on ne fait que prendre soin du corps et de l'âme, et qu'on ignore l'esprit.

En conséquence, de nombreuses églises et sociétés missionnaires détournent maintenant leurs fonds limités et leur personnel des programmes d'évangélisation en faveur de l'« intérêt social ». Aujourd'hui, la majorité des missionnaires chrétiens ont pour tâche principale de nourrir les affamés, prendre soin des malades, loger les sans-abris et participer à une quantité d'autres oeuvres de bienfaisance et de développement. Dans des cas plus extrêmes, la direction logique de ce mode de pensée peut conditionner des non-évangéliques à former des troupes de guérilleros, à poser des bombes terroristes ou à organiser d'autres activités moins extrémistes comme des cours de danse aérobique. Tous ces programmes sont faits au nom de Jésus, et soi-disant fondés sur son commandement d'aller dans le monde entier prêcher l'Évangile à toute créature. Selon ces humanistes, la mission de l'Église peut être tout, mise à part gagner des personnes à Christ et en faire des disciples.

L'histoire nous a déjà enseigné que cet évangile, qui ne tient pas compte du sang que Christ a versé à la croix, est un échec total. En Inde et en Chine, au milieu du 19e siècle, sur une période de sept générations, les missionnaires britanniques ont enseigné cela d'une manière légèrement différente. Les gens de mon peuple ont vu les hôpitaux et les écoles des anglais aller et venir sans vraiment influencer nos Églises ou notre société.

Watchman Nee, un des premiers missionnaires chinois, a cerné le problème dans une série de conférences qu'il a données au cours des années précédant la Seconde Guerre mondiale. Voici quelques commentaires tirés de son livre Love Not the World :
Un objet matériel qui est sous domination spirituelle remplit adéquatement son rôle de subordonné. S'il est libéré de cette soumission, il manifeste rapidement le pouvoir qui se cache derrière lui. La loi de sa nature s'affirme, et son caractère mondain est évident dans le parcours qu'il emprunte. La propagation de l'entreprise missionnaire de l'époque actuelle nous donne l'occasion de mettre ce principe à l'épreuve dans les institutions religieuses de notre temps et de notre pays. Il y a plus d'un siècle, l'Église a entrepris d'établir en Chine des hôpitaux et des écoles dans un but purement spirituel et évangélique. Dans ce temps-là, on accordait peu d'importance aux bâtiments, se concentrant davantage sur l'institution et son rôle dans la proclamation de l'Évangile. Il y a dix ou quinze ans, on aurait pu visiter ces mêmes lieux et trouver dans certains endroits des bâtiments plus grands et en bien meilleur état, mais nettement moins de conversions que dans les premières années. Et aujourd'hui, un grand nombre de ces magnifiques écoles et collèges sont devenus des centres d'enseignement sans but évangélique. Dans la même mesure ou presque, la plupart des hôpitaux de nos jours sont axés uniquement sur la guérison physique et non sur la guérison spirituelle. Les fondateurs de ces institutions les avaient, par leur marche étroite avec Dieu, dirigés selon Sa volonté. Mais, après la mort de ces hommes, ces institutions ont rapidement accepté les règles et les objectifs du monde, et, ce faisant, se sont classifiées en tant que « choses du monde ». Cela ne devrait pas nous surprendre.

Nee poursuit sur ce thème en abordant cette fois le problème des mesures d'urgence, prises pour soulager les personnes souffrantes :

Les premiers chapitres des Actes nous disent que l'Église du premier siècle a dû mettre sur pied un plan d'urgence pour subvenir aux besoins des saints moins fortunés. Il est évident que Dieu a béni l'institution urgente de ce service social, mais cette mesure était de nature temporaire. Peut-être que vous vous dites : « Il aurait été bien de maintenir ce service. » Seule une personne qui ne connaît pas Dieu pourrait dire cela. Si ces mesures avaient été prolongées indéfiniment, le programme aurait inévitablement pris la direction du monde, dès que l'influence spirituelle sous laquelle il avait été instauré se serait dissipée. Il existe une distinction entre l'Église de Dieu, et les programmes sociaux et charitables que ses membres mettent sur pied de temps à autre suivant leur foi et leur vision. Ces projets, bien que provenant de visions spirituelles, possèdent un pouvoir d'autosuffisance que l'Église de Dieu n'a pas. Ce sont des œuvres que les enfants de Dieu peuvent initier et inaugurer par la foi.
Mais à partir du moment où ils ont établi la marche à suivre et les critères professionnels, même les incroyants dans le monde peuvent les reprendre ou les imiter. L'Église de Dieu, je le répète, ne subsistera jamais indépendamment de la vie de Dieu.

Le problème avec l'évangile social, même s'il est déguisé sous un costume religieux et qu'il oeuvre au sein d'un organisme chrétien, est qu'il cherche à mener un combat spirituel avec des armes charnelles.

Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, ni même contre les symptômes du péché tels que la pauvreté et la maladie. Nous sommes en guerre contre Lucifer et ses myriades de démons qui luttent jour et nuit pour emmener des âmes humaines dans une éternité sans Christ.

Nous voulons bien envoyer des centaines, voire des milliers de nouveaux missionnaires dans les lieux sombres, mais, s'ils ne savent pas quoi faire, le résultat sera fatal. Avant d'envoyer des soldats dans la bataille, nous devons leur fournir les armes appropriées et les informer sur les tactiques de l'ennemi.

Si nous voulons résoudre le plus grand problème de l'humanité, c'est-à-dire sa séparation d'avec Dieu, en distribuant du riz, c'est comme si nous essayions de sauver un homme de la noyade en lui lançant une planche au lieu de l'aider à sortir de l'eau.

Une guerre spirituelle combattue avec des armes spirituelles remportera une victoire éternelle. C'est pour cette raison que nous insistons sur le fait qu'il faut rétablir l'équilibre dans la proclamation de l'Évangile. Il faut toujours accorder la priorité à l'évangélisation et la formation de disciples.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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