Révolution dans les missions mondiales (Page 18 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

L'espoir porte plusieurs noms

Que dit la Bible à propos de la justice et la compassion? Quel est le rôle de l'Église dans ces domaines?

Si nous examinons l'exemple de vie terrestre de Christ, il est très clair que nous ne devons pas négliger les besoins des personnes souffrantes. Durant sa vie sur terre, Jésus a non seulement nourri l'âme des gens des vérités du ciel et du Pain de vie qu'il était, mais il a également rempli leur estomac de poisson, de pain et de vin.

En plus d'ouvrir les yeux des gens pour qu'ils puissent observer le monde dans lequel ils vivaient, il a ouvert les yeux de leur cœur pour leur permettre de voir la vérité. Il a fortifié la foi des faibles et renforcé les jambes des infirmes.

Celui qui est venu offrir la vie éternelle dans une vallée d'âmes mortes, a aussi donné le souffle de vie au fils d'une veuve en le ressuscitant des morts (voir Luc 7.11-15). Il n'a pas choisi une option aux dépens de l'autre, il a répondu aux deux besoins, et cela, pour la gloire de Dieu.

Nous voyons cet exemple d'entraide à travers toute la Bible. Dans l'Ancien Testament, on accordait une grande importance à la compassion et l'équité sociale envers les gens dans le besoin. Dieu a exigé qu'on prenne soin et qu'on veille sur les opprimés (voir Lévitique 19.18; Ésaïe 1.17; 58.10-11), et les villes de Sodome et Gomorrhe ont reçu un jugement terrible pour la façon dont ils ont exploité les pauvres et les démunis.

Jésus a clairement défini la responsabilité sociale du chrétien quand Il a dit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu […] c'est le premier […] commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22.38-40, italiques pour souligner).

Des deux, c'est-à-dire l'amour pour Dieu et pour son prochain, dépendent toute la loi et les prophètes. Ce n'est pas l'un ou l'autre, mais bien les deux, qui rendront gloire à Dieu. Personne ne peut dire qu'il aime son prochain et ignorer ses besoins spirituels. De même, il ne peut dire qu'il l'aime s'il ne tient pas compte de ses besoins physiques. Jésus est venu pour répondre aux deux besoins.

En effet, Jésus a montré comment la souffrance physique de l'humanité en a amené plusieurs à se tourner vers lui pour le salut de leur âme. Il est écrit : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles […] afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20.30-31). Nous voyons dans l'Écriture que c'était les malades, les possédés de démons, les affamés et les pauvres qui allaient vers Jésus, et ce sont eux qui ont vu leur vie transformée par sa main guérissante. Jésus lui-même a dit qu'il était venu pour prêcher la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux captifs, aux aveugles et aux opprimés (voir Luc 4.18, 19).

En délivrant des gens de maladies atroces et de l'esclavage satanique, Jésus a montré que seul lui pouvait sauver l'âme du péché et de la mort. Les actes de miséricorde que Jésus a pratiqués n'étaient pas une fin en soi, mais plutôt un moyen d'accomplir ce pour quoi il était venu. Et il en est de même aujourd'hui.

Toutefois, ainsi que je l'ai souligné au chapitre précédent, nous ne devons pas remplacer l'évangélisation par des œuvres sociales. La grande mission de l'Église n'est pas un mandat de libération politique.

Ceux qui connaissent Gospel for Asia savent que nous sommes d'abord et avant tout engagés à fonder des églises et à faire des disciples. Nous avons toujours accordé la plus grande importance à l'évangélisation et à l'implantation d'églises, qu'il ne faudra jamais remplacer par des œuvres sociales exclusivement.

Notre organisation a toujours eu pour but de sauver des âmes et de former de disciples. Nous nous appuyons sur ces deux objectifs pour juger si une occasion de ministère en vaut le coup ou non. Par contre, cela ne veut surtout pas dire que nous ne nous soucions pas de la souffrance physique des personnes que nous cherchons à enseigner.

L'esprit de l'homme, qui est éternel et infiniment plus précieux que tout ce qui se rattache au monde matériel, est contenu dans un corps physique périssable. Et d'un bout à l'autre de la Bible, nous constatons que Dieu se servait des besoins ressentis dans le corps pour attirer les gens à lui. Évidemment, les hommes, les femmes et les enfants qui souffrent, en particulier ceux qui vivent dans la fenêtre 10/40, ont de grands besoins.

À Calcutta, on estime à 100'000 le nombre d'« enfants des rues », qui n'ont pour la plupart ni mère ni père pour les aimer ou prendre soin d'eux. Mais plus que des numéros et des statistiques, ce nombre représente de vrais enfants. Même s'ils sont anonymes dans la rue, Dieu connaît chacun d'eux qu'il a créé avec amour.

Il est peu probable qu'ils aient jamais été en contact avec une brosse à dents ou un pain de savon; ils n'ont jamais mangé un cornet de crème glacée ou tenu une poupée dans leurs bras. Les enfants travailleurs de l'Asie du Sud travaillent à des éléments de feux d'artifice, dans des manufactures de tapis et d'allumettes, des carrières et des mines de charbon, les champs de riz, les plantations de thé et les pâturages. Comme ils sont exposés à la poussière, aux émanations toxiques et aux pesticides, leur santé est grandement compromise; leurs corps sont difformes à cause des lourdes charges qu'ils sont forcés de porter. Certains d'entre eux sont des travailleurs « esclaves » qui travaillent très dur pour rembourser une dette familiale.

Selon Human Rights Watch, entre 60 et 115 millions d'enfants de l'Asie du Sud vivent dans de telles conditions. Lakshmi, neuf ans, travaille dans une manufacture de cigarettes dans l'État indien de Tamil Nadu. Elle raconte l'histoire de sa sœur, qui nous donne un petit aperçu de leur monde :

Ma sœur a dix ans. Chaque matin à sept heures, elle va chez son propriétaire, et chaque soir, à vingt et une heures, elle revient à la maison. Ce propriétaire la maltraite, la frappe s'il pense qu'elle ne travaille pas assez vite ou si elle parle avec d'autres enfants. Il l'insulte à grands cris, il vient la chercher si elle est trop malade pour aller travailler. Je pense que tout cela est trop dur pour elle. L'école et le jeu ne m'intéressent pas. Rien de cela ne m'intéresse. Tout ce que je veux, c'est que ma sœur ne soit plus obligée d'aller chez cet homme. Cela nous coûterait 600 roupies pour la ramener à la maison, c'est notre seule chance de la ravoir avec nous. Nous n'avons pas 600 roupies… nous n'aurons jamais 600 roupies [l'équivalent de 14 $ U.S.].

Les membres du corps de Christ aujourd'hui, ne doivent pas oublier ces gens auxquels Jésus pensait quand il était sur la croix. Nous, qui sommes ses pieds et ses mains, ne devons pas négliger ceux pour qui il est mort. Maintenant que nous progressons dans l'évangélisation mondiale, ce n'est pas le temps de cesser de prendre soin et de pourvoir aux besoins de ceux qui sont précieux aux yeux de Dieu.

Je parle en particulier des Dalits, connus sous le nom d'« Intouchables », qui appartiennent à la caste inférieure de l'hindouisme. Depuis 3000 ans, des centaines de milliers d'Intouchables indiens ont connu l'oppression, l'esclavage et d'innombrables atrocités. Ils sont pris dans un système de castes qui leur refuse le droit à une éducation adéquate, à de l'eau potable saine sûre, à un travail payant, à une maison et à une terre. Victimes de ségrégation et d'oppression, les Dalits sont aussi fréquemment victimes de crimes violents.

Mais plus le besoin est grand, plus la possibilité de faire connaître la puissance de Christ est grande.

La porte de ces possibilités est grande ouverte depuis quelques années. Parmi les Dalits, ainsi que les autres castes inférieures qui vivent dans des conditions similaires, leur désir de liberté ne cesse de croître. Les dirigeants représentant environ 700 millions de ces personnes, ont exigé qu'on leur fasse justice et qu'on les délivre de l'esclavage et de la persécution.

Le 4 novembre 2001 a été un moment décisif pour des dizaines de milliers de Dalits qui se sont assemblés pour ce qui est certainement une des plus importantes réunions du vingt et unième siècle. Ce jour-là, ils ont annoncé publiquement qu'ils désiraient « abandonner l'hindouisme » et choisir leur propre confession.

Depuis cet évènement, le Seigneur a conduit Gospel for Asia à exprimer son amour aux Intouchables de la caste inférieure d'une manière tangible et unique : en gagnant les enfants. Le Pont de l'Espoir, notre programme d'aide aux enfants, a été mis sur pied pour venir en aide aux centaines de milliers d'enfants pauvres en Asie. Notre but est de leur redonner de l'espoir en les arrachant à la pauvreté, en leur offrant une éducation et en leur transmettant l'amour de Dieu. Des communautés entières sont transformées par les efforts de ce ministère. Aujourd'hui, plus de 45'000 enfants sont inscrits dans des centaines de centres du Pont de l'Espoir, et le programme continue de se développer.

Un de ces centres est situé dans le village du pasteur Samuel Jagat. Samuel ne se doutait pas que les 35 Intouchables inscrits dans cette école auraient un impact incroyable dans son ministère. Nibun, un petit garçon en première année, n'a pas tardé à le lui faire voir.

La mère de Nibun avait la malaria et elle était très malade depuis un bon moment. Les docteurs, les prêtres et les sorciers n'avaient pas réussi à la guérir, et sa mort paraissait inévitable.

Mais Nibun portait une petite graine de foi dans son cœur : la Parole de Dieu. Les histoires de la Bible font partie du programme éducatif du centre du Pont de l'Espoir, et, comme la plupart des enfants, Nibun avait l'habitude, en rentrant chez lui, de raconter à sa famille les histoires qu'il avait entendues.

Un soir, alors que Nibun et sa famille étaient assis autour du lit de sa mère, il leur a raconté de quelle manière Jésus avait ressuscité des morts le fils d'une veuve. À partir de ce moment, la vie ne serait plus la même pour cette famille.

Plus tard, le père de Nibun a partagé : « Ce soir-là, après avoir entendu cette histoire, je n'arrivais pas à m'endormir. L'histoire ne cessait d'embraser mon cœur. »

Le lendemain matin, le père de Nibun est allé rencontrer Samuel. Après avoir entendu parler de l'offre de salut de Jésus, l'homme a demandé au pasteur de venir prier pour sa femme. « Je crois que Jésus guérira ma femme comme il l'a fait pour le fils de la veuve », a-t-il affirmé.

La mère de Nibun, quoique très faible, partageait cette confiance : « Mon fils nous parle très souvent de Jésus. Je crois qu'il peut me guérir. »

Pasteur Samuel a imposé les mains sur la femme mourante et a prié le Seigneur de la relever. Puis il est retourné chez lui. Le lendemain, en apercevant le petit Nibun, il lui a demandé comment se portait sa mère. Nibun lui a répondu : « Ma maman n'est plus alitée et ce matin elle a préparé le petit déjeuner! » Lorsque Samuel est arrivé à la maison de Nibun, il y a trouvé une famille transformée aussi bien physiquement que spirituellement. La famille entière avait pris la décision de suivre Christ.

Cette ouverture à l'Évangile parmi les Dalits et les autres castes inférieures présente une occasion sans précédent de gagner ceux de notre monde qui étaient des plus difficiles à atteindre (approximativement 700 millions d'âmes). Le Pont de l'Espoir nous offre le moyen d'aller accomplir la tâche auprès de ces millions de gens.

Le père de Nibun exprime cela ainsi : « Je remercie Dieu pour ce centre et je prie qu'il l'utilise pour apporter sa lumière dans un grand nombre de foyers, comme il l'a fait pour ma famille. »

Dès les débuts de notre ministère, nous avons toujours profité de chaque occasion pour partager l'amour et l'espoir en Jésus, et en particulier, dans les communautés pauvres et démunies. Il en est toujours ainsi. Depuis le commencement, nous avons œuvré dans les colonies de lépreux et les bidonvilles, où nous avons implanté des douzaines d'églises. C'est pourquoi lorsque nous avons entendu le cri désespéré des Dalits, nous nous sommes précipités à leur secours. Et nous avons trouvé que le meilleur moyen de les aider, c'est de fournir une éducation à leurs enfants, ce qui, dans plusieurs nations, signifie la liberté.

En réalité, une des raisons pour lesquelles autant d'enfants et leur famille sont traités comme des esclaves par leur créancier, c'est qu'ils ont tout simplement été incapables de lire le contrat qu'ils ont signé avec l'homme à qui ils doivent de l'argent. Comme ils ne savent ni lire ni écrire, ils font abuser d'eux et se font voler non seulement leur argent et leur temps, mais également leur avenir.

Or, le Pont de l'Espoir n'a pas pour seul but l'instruction des enfants. Au contraire, car l'amour de Christ qui nous pousse à tendre la main ainsi, sachant que chaque enfant et sa famille sont précieux aux yeux de Dieu. Le Pont de l'Espoir est le moyen par lequel nous communiquons l'Évangile et qui nous permet d'en voir des millions passer de la mort à la vie.

Permettez-moi de vous faire part d'une expérience que j'ai vécue au tout début de ce ministère auprès des Intouchables; expérience qui a changé ma façon de voir et nous a poussés à poursuivre le programme du Pont de l'Espoir.

Une nuit, pendant mon sommeil, j'ai fait un rêve. Je me tenais devant un champ de blé, observant une terre qui était clairement mûre pour la moisson. Je suis resté là, pendant un bon moment, à observer le champ qui semblait s'étendre sur des kilomètres et des kilomètres.

Considérant le mouvement du blé doré sous l'effet du vent, j'ai soudainement compris que c'était la moisson à laquelle Jésus faisait référence dans Jean 4 et Matthieu 9. C'était comme si le Seigneur voulait me dire que la récolte était mienne, comme dans le Psaume, où Il dit : « Demande-moi et je te donnerai les nations » (Psaume 2.8).

Saisi d'enthousiasme à la vue d'une moisson aussi abondante, et sachant qu'elle représentait des millions et des millions d'âmes sauvées d'une éternité en enfer, je bondissais d'excitation. Je me suis mis à courir aussi vite que je le pouvais en direction de ce champ, mais en y arrivant, je me suis immobilisé. J'étais incapable d'aller plus loin. Il y avait une vaste rivière entre le champ et moi, une rivière si profonde et déchaînée que je n'osais pas avancer plus loin ni tenter de la traverser. Je ne l'avais pas aperçue de l'endroit où je me tenais, mais maintenant, je la voyais bien.

J'en avais le cœur brisé. Je ne pouvais que poser le regard sur la moisson, sans y toucher. Alors, je me tenais là, sanglotant, avec un sentiment d'impuissance et de désespoir. Tout à coup, j'ai aperçu devant moi un pont qui traversait d'une rive à l'autre au-dessus de cette grande rivière. Ce pont n'était pas petit, il était large et si énorme. Puis j'ai vu que le pont était entièrement couvert de petits enfants asiatiques, de pauvres Dalits sans ressources, comme ceux que j'avais vus dans les rues de Bombay, de Calcutta, de Dakar, de Katmandu et d'autres villes de l'Asie.

Ensuite, j'ai entendu comme une personne qui me disait : « Si tu veux cette récolte, elle est tienne, mais pour l'obtenir il te faudra traverser ce pont. »

Je me suis réveillé et j'ai réalisé que le Seigneur me disait clairement que, si nous suivons ses directives, ces millions d'Intouchables auront l'occasion de le connaître. Et notre ministère auprès des enfants nous servira de pont pour les atteindre.

J'ai partagé ce rêve avec mes collègues et nous avons compris que Dieu nous avait donné cet appel afin que nous puissions apporter de l'espoir aux enfants de l'Asie. Par l'entremise du Pont de l'Espoir, les enfants apprendraient à connaître le Seigneur Jésus-Christ et son amour. En conséquence, leur communauté et leur famille finiraient par connaître le Seigneur. Le miracle se réalise. Dieu a fidèlement concrétisé les plans qu'il a placés dans notre cœur.

Quand Gospel for Asia est allé pour la première fois prêcher la Bonne Nouvelle dans une certaine partie de l'Inde du Nord, les gens ont opposé une farouche résistance. Mais lorsque nos frères ont commencé à mettre en place des écoles du Pont de l'Espoir, la réception était bien différente.

Avec le temps, 50 programmes du Pont de l'Espoir ont été mis sur pied dans la région. En moins d'un an, 37 églises avaient été implantées. Tout a commencé par les petits enfants à qui on a fait connaître Jésus et qui en ont ensuite parlé à leurs parents. Et depuis, les miracles se sont succédés.

Dieu voulant, à mesure que nous allons de l'avant avec la conviction de voir l'Évangile prêché et la grande mission réellement s'accomplir, nous verrons littéralement des millions de gens venir à la connaissance de Christ. Si nous répondons à leurs besoins physiques et faisons tout ce que nous pouvons au nom de Jésus, ils entendront la Bonne Nouvelle du pardon des péchés et de la rédemption en la mort et la résurrection du Seigneur Jésus-Christ. Alors, des communautés entières seront bénies.

Tout organisme qui s'occupe des besoins matériels et physiques de l'humanité doit avoir pour but principal d'accomplir la grande mission. Lorsque ce but demeure l'élément qui fait avancer l'œuvre, l'amour de Christ est manifesté d'une manière tangible et peut alors atteindre les hommes et les femmes au plus profond de leur cœur et les attirer au Sauveur des âmes. Au bout du compte, ce qui est important, c'est que « la Bonne Nouvelle [soit] annoncée aux pauvres » (Matthieu 11.5). Si nous n'arrivons pas à faire cela, nous aurons échoué.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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