Révolution dans les missions mondiales (Page 19 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

La nécessité d'une révolution

Si nous pouvions passer une seule minute dans les flammes et le tourment de l'enfer, nous comprendrions à quel point le soi-disant « évangile » que l'on enseigne dans les missions de notre époque est dépourvu d'amour.

Le terme « théologie », qui n'est en fait qu'un mot sophistiqué pour exprimer ce que nous croyons, fait toute la différence dans les champs missionnaires. Dans le livre des Actes, on peut voir que les disciples étaient totalement convaincus que l'être humain est perdu sans Christ. Même la persécution n'a pas réussi à les empêcher d'appeler les gens de partout à se repentir et à se tourner vers Christ.

Dans Romains 10.9-15, Paul souligne l'urgence de prêcher la Bonne Nouvelle de Christ. À son époque, les problèmes socioéconomiques des villes comme Corinthe et Éphèse, entre autres, étaient aussi graves, sinon plus, que ceux que nous connaissons aujourd'hui. Malgré cela, les apôtres ne se sont pas mis à établir des organismes humanitaires, des hôpitaux ou des établissements scolaires. Paul a déclaré :

1 Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. 2 Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

Paul avait reconnu que Jésus-Christ est la seule réponse à tous les problèmes de l'homme. Quoiqu'il se souciait des besoins des saints, il ne faut pas passer à côté de ce à quoi il accordait la priorité dans sa vie et son message.

J'ai prêché dans des églises qui avaient investi des millions de dollars dans la construction de leur bâtiment. Les pasteurs de ces églises sont reconnus pour être d'excellents enseignants de la Bible et pour l'amour qu'ils manifestent envers les gens. Pourtant, j'ai découvert qu'un bon nombre de ces assemblées n'ont aucun programme missionnaire.

Prêchant dans une de ces églises, j'ai fait la déclaration suivante : « Vous prétendez être des évangélistes et vous consacrez votre temps et votre vie à apprendre toujours plus de vérités bibliques, mais en toute honnêteté, je pense que vous ne croyez pas à la Bible. » Mes auditeurs étaient choqués, mais j'ai poursuivi. « Si vous croyiez à la Bible comme vous le prétendez, le seul fait de savoir qu'il y a réellement un endroit qui s'appelle l'enfer, où des millions de personnes iront passer l'éternité si elles meurent sans Christ, vous inciterait à abandonner tout ce que vous possédez afin de donner la priorité aux missions et au salut des âmes perdues.» Le problème de cette congrégation, et de nombreuses autres assemblées de notre siècle, c'est qu'elles ne croient pas que l'enfer existe.

L'Anglais, C. S. Lewis, grand défenseur de la foi, a écrit : « Il n'y a aucune autre doctrine que j'aimerais voir disparaître du christianisme plus que celle de l'[enfer]. Je donnerais tout pour pouvoir honnêtement dire : “Tous seront sauvés.” » Mais Lewis, tout comme nous, a réalisé que cela n'était pas vrai et qu'il n'avait pas le pouvoir de le changer.

Jésus a lui-même souvent parlé de l'enfer et du jugement à venir. La Bible dit qu'il y a dans cet endroit un feu qui ne s'éteint jamais, des vers mangeurs de chair qui ne meurent pas, des ténèbres et des pleurs et des grincements de dents. Ces versets et des centaines d'autres parlent d'un lieu concret où les hommes perdus qui meurent sans Christ passeront l'éternité.

Seulement quelques chrétiens semblent avoir intégré la réalité de l'enfer dans leur mode de vie. En réalité, il est difficile de saisir que nos amis qui ne connaissent pas Jésus sont vraiment destinés à périr dans un enfer éternel.

Par contre, ainsi que je l'ai mentionné au chapitre 12, beaucoup de chrétiens croient que, d'une manière ou d'une autre, il y a un moyen de rédemption mis à la disposition de ceux qui n'ont jamais entendu l'Évangile. La Bible ne dit rien qui puisse nous laisser croire une telle chose. Elle spécifie clairement qu'il est « réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement » (Hébreux 9.27). Le seul moyen d'éviter la mort, l'enfer, le péché et la tombe, c'est Jésus-Christ. Il a dit :

6 Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Comme nos églises seraient différentes si nous commencions à vivre selon la vraie révélation de la Parole de Dieu à propos de l'enfer. Au lieu de cela, les églises locales et les missions, aussi bien en orient que dans le monde occidental, ont été infectées par la mort et continuent de distribuer la mort aux millions d'âmes perdues qui nous entourent.

L'Église que Jésus a sortie du monde et mise à part pour lui-même a, en grande partie, oublié sa raison d'être. Sa perte d'équilibre est visible en ce qu'elle manque de sainteté, de substance spirituelle et de sollicitude pour les âmes perdues. Elle remplace la vie qu'elle a déjà connue pour écouter des enseignements qui portent sur des sujets qui l'intéressent davantage, soit la prospérité, le plaisir, la politique et les activités sociales.

Avant de mourir, A. W. Tozer a prophétisé : « Le christianisme évangélique est actuellement bien loin de ce qu'exige le Nouveau Testament. L'attachement aux biens matériels est une réalité qui est acceptée comme faisant partie de notre mode de vie. Nous avons un tempérament religieux social plutôt que spirituel. »

Plus nos dirigeants s'éloignent du Seigneur, plus ils se tournent vers le monde. Une église à Dallas a investi plusieurs millions de dollars dans la construction d'un gymnase pour « garder les jeunes dans l'église ». De nombreuses églises ressemblent à des clubs sociaux avec leurs équipes de balle molle, leçons de golf, écoles et salles d'exercices mis en place uniquement pour que les gens continuent d'y venir et de donner leur dîme. Certaines églises sont allées jusqu'à offrir des cours de yoga et de méditation, qui sont tout simplement des pratiques hindouistes adaptées au monde occidental.

Si ces activités sont considérées comme étant des œuvres missionnaires dans ce pays, il ne faut pas se surprendre de voir ces mêmes églises se laisser séduire par la philosophie des humanistes chrétiens dans la planification de leur exercice missionnaire à l'étranger.

Les véritables missions chrétiennes sont conscientes qu'il y a toujours l'enfer à éviter et le ciel à gagner. Nous devons restaurer la vision équilibrée que le Général William Booth avait lorsqu'il a fondé l'Armée du salut. Il avait une compassion incroyable pour gagner les âmes perdues à Christ. Ses propres mots racontent la vision qu'il avait pour ce mouvement : « Allez sauver des âmes, et allez chercher les pires. »

Si Jésus devait entrer dans nos églises aujourd'hui, que ferait-il? J'ai bien peur qu'il ne nous dirait pas : « Vous avez gardé la foi, vous avez achevé la course sans vous détourner ni à gauche ni à droite, et vous avez obéi à mon commandement d'atteindre les âmes perdues de ce monde. » Je crois plutôt qu'il irait chercher un fouet parce que nous avons fait de la maison de son Père une caverne de voleurs. Si tel est le cas, il nous faut alors reconnaître que l'heure est grave, tellement grave qu'il faut cesser de nous illusionner. Nous avons dépassé l'étape du réveil et de la réforme. Si nous voulons que cet Évangile soit prêché dans le monde entier pendant cette génération, nous avons besoin d'une révolution divinement inspirée.

Toutefois, avant qu'il puisse y avoir une révolution, nous devons en reconnaître la nécessité. Nous sommes semblables à un homme qui étudie une carte routière pour retrouver son chemin après s'être égaré. Avant de pouvoir trouver la bonne route qui nous mènera à notre destination, il nous faut d'abord savoir où nous avons perdu notre chemin, retourner à cet endroit et repartir dans la bonne direction. Mon appel au corps de Christ est donc simple : Reprenez la route de l'authentique Évangile. Nous devons nous remettre à enseigner toute la Parole de Dieu. Nous devons en faire notre priorité d'appeler les gens à se repentir et de les arracher au feu de l'enfer.

Le temps presse. Si nous refusons de prier pour une révolution dans les missions, et de la laisser commencer dans notre propre cœur, notre maison et notre église, nous perdrons cette génération à satan.

Nous pouvons continuer de privilégier les besoins du corps aux dépens des âmes, ou nous pouvons faire une différence en soutenant financièrement des missionnaires asiatiques qui croient en la véracité de la Bible.

Il y a plusieurs années, 40 villages indiens, considérés auparavant comme chrétiens, ont recommencé à pratiquer l'hindouisme. Est-ce possible que des villages entiers qui avaient déjà connu l'Évangile libérateur de Jésus-Christ soient redevenus esclaves de satan?

Eh bien, non. Ces villages étaient désignés comme « chrétiens » seulement parce qu'ils avaient été convertis par des missionnaires qui s'étaient servis d'hôpitaux, de biens matériels et d'autres incitations pour attirer les villageois au christianisme. Mais à partir du moment où on a diminué les cadeaux, ou que des organismes compétiteurs ont commencé à leur offrir des avantages similaires, ces « convertis » ont repris leurs anciennes habitudes. En termes missionnaires, ils étaient des « chrétiens de riz ».

Quand les missionnaires leur ont offert du riz, ils ont accepté volontiers de changer de nom et de religion, étant attirés par le riz. Cependant, ils n'avaient jamais réellement compris l'Évangile de la Bible. Après tous ces efforts, ces gens étaient aussi perdus qu'auparavant. Mais à présent, leur condition était bien pire, car on leur avait dépeint un portrait complètement faux de ce que signifie suivre Christ.

Est-ce de cela que nous avons peur en Amérique du Nord? Avons-nous peur que sans gymnases et sans équipes de balle molle nous n'aurons pas de convertis?

La leçon que nous avons à tirer des missions, c'est que pourvoir aux besoins physiques des gens ne les amène pas à suivre Dieu. Qu'ils soient affamés ou rassasiés, riches ou pauvres, sans la puissance de l'Évangile les êtres humains demeurent rebelles à Dieu.

À moins que l'on ne retourne à l'équilibre de la Bible, à l'Évangile de Christ, nous ne réussirons jamais à mettre l'accent sur ce qui est important dans l'effort missionnaire de l'Église.

Jésus-Christ était compatissant envers les gens en tant qu'êtres à part entière. Il faisait tout en son pouvoir pour leur venir en aide, mais il n'a jamais perdu de vue le but principal de sa mission terrestre : réconcilier l'homme avec Dieu, mourir pour sauver l'âme du pécheur de l'enfer. Jésus prenait soin de l'être spirituel avant de pourvoir aux besoins du corps.

Cette vérité est illustrée de façon claire dans Matthieu 9.2-7, où Jésus a pardonné les péchés du paralytique avant de guérir son corps. Dans Jean 6.1-13, Jésus a miraculeusement nourri 5'000 hommes affamés, en plus des femmes et des enfants. Il leur a donné à manger après avoir prêché. Il ne l'a pas fait avant pour attirer leur attention.

Plus loin, au verset 26, nous voyons que ces gens n'ont pas suivi Jésus pour son enseignement, mais bien parce qu'il les avait nourris. Ils ont même voulu le faire roi sous de mauvais prétextes. Voyant qu'ils avaient une mauvaise compréhension des sujets spirituels, Jésus S'est retiré d'eux. Il ne voulait pas d'admirateurs, il voulait des disciples.

Pierre n'a pas eu peur de dire au mendiant :

6 Alors Pierre lui dit : Je n'ai ni argent, ni or; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche.
après quoi, lui et Jean lui ont présenté l'Évangile.

J'ai vécu des expériences similaires en Inde. Il ne m'est encore jamais arrivé de rencontrer une personne qui refuse d'entendre la Bonne Nouvelle de Jésus à cause de sa condition physique.

En tant que chrétiens, nous devons suivre l'exemple de Jésus. Je crois que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour apaiser la souffrance des gens qui nous entourent. Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes dans tous les domaines de la vie. Mais notre priorité doit toujours être de transmettre le message de l'Évangile, et nous ne devons jamais négliger cela pour nous occuper uniquement des besoins physiques des gens. Voilà ce que sont l'équilibre biblique et le véritable Évangile de Jésus.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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