Révolution dans les missions mondiales (Page 21 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

Les ennemis de la croix

Le mouvement des missionnaires d'Asie, le seul espoir pour ces nations qui n'ont jamais entendu la Bonne Nouvelle, n'est pas à l'abri des attaques de satan et du monde.

La renaissance des religions traditionnelles, la croissance du matérialisme séculier et du communisme, en plus des barrières de la culture et du nationalisme sont tous en opposition aux activités missionnaires chrétiennes.

Cependant, l'amour de Dieu peut ouvrir toutes ces barrières. « J'ai grandi dans une maison où nous adorions plusieurs dieux », dit Masih, qui, durant de nombreuses années, a recherché la paix spirituelle en pratiquant la discipline personnelle, le yoga et la méditation ainsi qu'on l'exige dans sa caste. « Je suis même devenu le prêtre de notre village, mais je n'arrivais pas à trouver la paix et la joie.

Un jour, j'ai reçu et lu un tract évangélique qui décrivait l'amour de Jésus-Christ. J'ai rempli et signé le dépliant qui offrait une formation à distance pour en apprendre plus sur ce Jésus. Le premier jour de janvier 1978, j'ai donné ma vie à JésusChrist. J'ai été baptisé trois mois plus tard et j'ai choisi le nom chrétien de Masih, qui signifie ‘Christ'. »

En Asie, le baptême et l'adoption d'un nom chrétien symbolisent une rupture complète d'avec le passé. Pour éviter la censure dont ils sont souvent victimes après leur baptême, certains nouveaux croyants attendent plusieurs années avant de se faire baptiser. Mais Masih n'a pas attendu et la réaction des siens a été immédiate.

Réalisant que leur fils avait rejeté leurs dieux, ses parents ont entamé une campagne de persécution. Masih s'est enfui à Kota, dans l'État du Rajasthan, où il s'est trouvé un emploi. Pendant six mois, il a travaillé dans une manufacture et il s'est joint à un groupe de croyants de la place. Avec l'encouragement des membres du groupe, il s'est inscrit dans une école biblique et a commencé à maîtriser les Écritures.

Au cours de ses trois ans d'études, Masih est retourné chez lui pour la première fois. « Mon père a envoyé un télégramme me demandant de rentrer, parce qu'il était ‘terriblement malade', raconte-t-il. Dès mon arrivée, ma famille et mes amis m'ont demandé de renoncer à Christ. Comme je refusais de le faire, ils ont commencé à me persécuter, et ma vie était en danger. J'ai donc été forcé de m'enfuir. »

À son retour à l'école, Masih pensait que le Seigneur l'enverrait prêcher dans une autre partie de l'Inde. Il a vraiment été secoué par la réponse à ses prières. « Comme j'attendais la réponse du Seigneur, il m'a fait retourner auprès de mon propre peuple, ditil. Il voulait que je leur partage l'amour de Dieu à travers Christ, tout comme le démoniaque de Gadara que Jésus a renvoyé chez les siens après l'avoir guéri. »

Aujourd'hui, Ramkumar Masih implante des Églises dans sa ville natale et les villages avoisinants. Il œuvre dans un milieu hostile où il est entouré de musulmans et d'hindous.

Bien que Masih n'a pas eu à payer le prix ultime pour gagner des gens à Christ, chaque année, en Asie, de nombreux missionnaires et de simples croyants sont tués pour leur foi. On estime que 45 millions de personnes ont subi ce sort au vingtième siècle, ce qui dépasse certainement le nombre de celles qui ont été tuées pendant les 19 siècles précédents.

Quels sont ces ennemis de la croix qui s'opposent à l'avancement de l'Évangile dans ces nations qui ont tellement besoin d'entendre son message d'espoir et de salut? Il n'y a rien de nouveau; ce ne sont que de vieilles méthodes que le diable réutilise dans une tentative ultime de tenir ces nations liées.

Les religions traditionnelles

Les religions traditionnelles renaissent à travers toute l'Asie. Bien que peu de pays aient suivi la route de l'Iran, où une renaissance de l'Islam a renversé l'état, les factions religieuses sont un problème majeur dans plusieurs pays.

Lorsque le gouvernement, les médias et les institutions scolaires sont gouvernés par des athées matérialistes, la plupart des nations en subissent les contrecoups. Les chefs des religions traditionnelles réalisent maintenant qu'il faut faire plus qu'expulser les nations occidentales du pays. La plupart des gouvernements asiatiques sont à présent gouvernés par des humanistes séculiers, et un grand nombre de dirigeants de religions traditionnelles n'ont plus le pouvoir qu'ils ont déjà exercé.

À la base du mouvement, la religion traditionnelle et le nationalisme sont souvent volontairement confondus et exploités par des chefs politiques qui ne cherchent qu'à en tirer un profit à court terme. Dans les villages, les religions traditionnelles exercent toujours un grand pouvoir sur la pensée des gens. Presque chaque village et chaque communauté possède sa propre idole ou divinité (le panthéon hindou à lui seul compte 330 millions de dieux). De plus, une variété de cultes animistes, au cours desquels les gens adorent de puissants esprits, sont pratiqués en même temps que la religion islamique, l'hindouisme et le bouddhisme.

Dans plusieurs régions, le temple du village est encore le centre de l'enseignement informel, de tourisme et de fierté civique. La religion est une industrie très lucrative, et les temples rapportent annuellement d'énormes sommes d'argent. Des millions de prêtres et de praticiens occultes amateurs profitent également de la continuation et l'expansion des religions traditionnelles. Comme les forgerons à Éphèse, ils ne prennent pas la propagation du christianisme à la légère. La religion, le nationalisme et la rentabilité économique se confondent et produisent une sorte de dangereux explosif que l'ennemi utilise pour aveugler des millions de personnes.

Mais Dieu appelle tout de même des missionnaires natifs à prêcher l'Évangile, et ils sont nombreux à porter la Bonne Nouvelle dans des régions rigoureusement dominées par les religions traditionnelles.

L'esprit de l'antéchrist

Mais les ennemis de la croix, ce ne sont pas uniquement des fanatiques religieux. Une nouvelle force encore plus puissante se répand actuellement en Asie. La Bible l'appelle l'esprit de l'antéchrist; c'est le matérialisme séculier. Se manifestant souvent sous une forme de communisme, il a pris le pouvoir dans plusieurs pays, dont, entre autres, le Myanmar (la Birmanie), le Cambodge, la Chine, le Laos, la Corée du Nord et le Vietnam. Toutefois, même dans ces nations gouvernées par des démocraties comme l'Inde et le Japon, il a gagné une influence politique incroyable dans une variété de formes de gouvernements non communistes.

Les temples de ces nouvelles religions sont des réacteurs atomiques, des raffineries pétrolières, des hôpitaux et des centres commerciaux. Les prêtres sont plus souvent des techniciens, des hommes de science, des généraux militaires qui attendent impatiemment de reconstruire les nations asiatiques à l'image du monde industriel de l'Occident. Le pouvoir politique, dans la majeure partie de l'Asie, appartient maintenant à ces hommes et femmes qui promettent la santé, la paix et la prospérité sans un dieu surnaturel, car, selon eux, l'homme est son propre dieu.

Dans un sens, l'humanisme et le matérialisme séculiers ont bien diagnostiqué les religions traditionnelles comme étant la source principale de l'oppression et de la pauvreté qui existe à travers l'Asie. L'humanisme est un ennemi naturel de la religion théiste parce qu'il offre une méthode humaine et scientifique, sans Dieu, en résolution aux problèmes de l'humanité. Le résultat de cet accroissement du matérialisme scientifique : de puissants mouvements séculiers existent aujourd'hui dans chaque nation asiatique. Ils se réunissent et tentent d'éliminer de la société l'influence de toutes les religions, et même du christianisme. L'Asie moderne, dans les grandes villes et les capitales dirigées par l'humanisme séculier, est dominé par les mêmes buts et désirs qui dominent le monde occidental depuis un siècle.

La culture antichrétienne

Si les religions traditionnelles asiatiques représentent une attaque des mauvais esprits contre le christianisme, alors l'humanisme séculier est une attaque venant de la chair. Il ne reste donc plus qu'un ennemi à disputer, et il est probablement le plus puissant de tous : la pression du monde antichrétien, ou la culture.

Quand Mahatma Gandhi est retourné en Inde après avoir vécu plusieurs années en Angleterre et en Afrique du Sud, il a vite réalisé que le mouvement « Abandonnez l'Inde » avait échoué parce que les dirigeants nationaux refusaient de renoncer aux pratiques européennes. Alors, même s'il était Indien, il a dû renoncer aux coutumes et aux vêtements occidentaux, sans quoi il n'aurait jamais pu libérer son peuple de l'emprise des Britanniques. Il a passé le reste de sa vie à réapprendre à vivre selon la culture des Indiens, en se conformant à leur façon de se vêtir et en mangeant leurs mets. Les gens du peuple ont fini par l'accepter, et le reste est de l'histoire. Il est devenu le père de ma nation, le George Washington de l'Inde moderne.

Le même principe s'applique aux efforts d'évangélisation et d'implantation d'Églises dans toute l'Asie. Il faut apprendre à s'adapter à la culture. C'est pour cela que l'évangéliste originaire du pays est si efficace. Lorsque les Américains des États-Unis sont approchés par des adorateurs de Krishna vêtus d'une tunique jaune, avec le crâne rasé et des billes de prières, ils rejettent immédiatement l'hindouisme. De la même manière, les Hindous rejettent le christianisme quand il est présenté sous une forme occidentale.

Les Asiatiques ont-ils rejeté Christ? Pas vraiment. Pour la plupart, ils ont rejeté seulement les ornements de la culture occidentale qui se sont attachés à l'Évangile. C'est à cela que l'apôtre Paul faisait référence quand il a dit :

22 J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns.

Lorsqu'un asiatique prêche l'Évangile à un autre asiatique d'une manière culturellement acceptable, le résultat en est étonnant. Jager, un des missionnaires que nous soutenons, a annoncé la Bonne Nouvelle dans 60 villages et établit 30 églises dans la région difficile du Punjab. Il a conduit des centaines de personnes à Christ. Au cours d'un de mes voyages en Inde, j'ai fait un détour dans le but de rendre visite à Jager et sa femme. Il fallait que je voie de mes yeux la méthode qu'il utilisait.

Imaginez mon étonnement en apprenant que Jager n'utilisait aucun moyen technologique particulier; à moins que vous considériez le scooter et les dépliants évangéliques que nous lui avons fournis comme des outils « technologiques ». Il vivait de la même manière que le peuple, dans une maison d'une pièce construite de terre et de bouse. À l'extérieur de la maison, il y avait une cuisine, également faite de terre, qui est le matériau dont toutes les constructions dans cette région sont confectionnées. Pour préparer le repas, la femme de Jager devait s'accroupir devant un feu ouvert, comme les autres femmes de son voisinage. Ce qu'il y avait de remarquable avec ce frère et sa femme, c'est qu'ils étaient des Indiens authentiques. Il n'y avait rien d'étranger en eux.

J'ai demandé à Jager comment il faisait pour persévérer dans ces conditions, au milieu de la souffrance. Il a répondu : « Je m'attends au Seigneur, mon frère. » J'ai appris qu'il passait de deux à trois heures par jour dans la prière, la lecture et la méditation de la Bible. C'est ce qui est nécessaire pour gagner l'Asie à Christ. C'est de ce genre de missionnaire que notre nation a besoin.

Jager a connu Christ grâce à un autre évangéliste natif, qui lui a présenté le Dieu vivant. Il lui a parlé d'un Dieu qui hait le péché et qui est devenu un homme afin de mourir pour libérer les pécheurs. C'était la première fois que l'Évangile était prêché dans ce village, et Jager a suivi l'homme plusieurs jours.

Finalement, il a accepté Jésus comme son Seigneur et il a été déshérité par sa famille. Enchanté et surpris par sa nouvelle vie, il est parti distribuer des tracts et annoncer Jésus de village en village. Il a fini par vendre ses deux boutiques et s'est servi de l'argent qu'il en a retiré pour organiser des réunions évangéliques dans les villages avoisinants.

Voilà un homme qui présente Christ aux siens de façon culturellement acceptable. Pour accomplir la mission que Christ leur a confiée, les asiatiques ont besoin du soutien de l'occident pour leur permettre de recruter, former et envoyer des missionnaires évangéliques natifs de la région.

Les missionnaires asiatiques sont aptes à affronter les trois grands défis auxquels nous faisons actuellement face en Orient.

Premièrement, très souvent, ils comprennent la culture, les coutumes et le style de vie ainsi que la langue de ceux qu'ils évangélisent. Ils n'ont donc pas besoin de gaspiller un temps précieux à se préparer pour la vie en Asie.

Voilà un homme qui présente Christ aux siens de façon culturellement acceptable. Pour accomplir la mission que Christ leur a confiée, les Asiatiques ont besoin du soutien de l'occident pour leur permettre de recruter, former et envoyer des missionnaires évangéliques natifs de la région. Les missionnaires asiatiques sont aptes à affronter les trois grands défis auxquels nous faisons actuellement face en Orient. Premièrement, très souvent, ils comprennent la culture, les coutumes et le style de vie ainsi que la langue de ceux qu'ils évangélisent. Ils n'ont donc pas besoin de gaspiller un temps précieux à se préparer pour la vie en Asie.

Deuxièmement, la communication est plus facile entre pairs. Même s'il y a encore des barrières sociales à surmonter, elles sont moins importantes et plus faciles à distinguer.

Troisièmement, c'est un sage investissement de nos ressources, puisque les missionnaires asiatiques travaillent de façon plus économique que les missionnaires étrangers.

Une des lois fondamentales de la création est que chaque être vivant se reproduit selon son espèce. Cette vérité s'applique dans l'évangélisation et la formation de disciples, comme dans n'importe lequel autre domaine. Si nous voulons voir les gens venir à Christ en grande quantité, nous devrons encore envoyer sur le terrain des milliers de missionnaires asiatiques.

Combien de missionnaires faut-il envoyer? En Inde seulement, 500 000 villages n'ont pas encore entendu l'Évangile. En considérant les autres nations, nous réalisons que des milliers d'autres villages n'ont encore aucun témoin évangélique. Si nous voulons aller vers les autres hameaux, dont les portes nous sont ouvertes en ce moment, Gospel for Asia aura besoin de dizaines de milliers de missionnaires évangéliques asiatiques. Le coût pour soutenir ces gens se chiffrera dans les millions de dollars annuellement. Ce qui représente une fraction seulement des 94 milliards qu'a dépensé l'Église en Amérique du Nord pour d'autres besoins et désirs en 2000. Et il en résulterait une révolution d'amour qui attirerait des millions d'Asiatiques à Christ.

Les missionnaires natifs de l'Asie sont-ils prêts à faire de l'évangélisation interculturelle? La réponse est oui, et avec une grande efficacité! La plupart des missionnaires soutenus par Gospel for Asia font déjà en quelque sorte de l'évangélisation interculturelle. Très souvent, nos évangélistes se voient obligés d'apprendre une nouvelle langue, de s'habituer à porter des vêtements différents et d'adopter un autre régime alimentaire. Toutefois, comme les cultures sont fréquemment voisines et partagent le même héritage, la transition se fait plus facilement qu'elle ne se ferait pour une personne venant de l'Occident. Bien qu'il y ait dans mon pays d'origine 18 langues principales et 1650 dialectes, qui représentent toutes une culture différente, il est encore relativement simple pour un Indien de faire la transition d'une culture à une autre. En réalité, presque n'importe qui au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, au Myanmar, au Bhoutan, en Thaïlande et au Sri Lanka peut rapidement apprendre à prêcher à un peuple voisin. Les ouvriers asiatiques qui cherchent à apprendre de nouvelles langues et à implanter des Églises dans d'autres cultures font face à des défis extraordinaires. Pour ce faire, Gospel for Asia cherche à collaborer avec des agences ayant la même vision, qui pourraient aider le missionnaire natif à surmonter ces obstacles. Le défi de l'Asie nous interpelle. Les ennemis de la croix abondent, mais aucun d'eux ne peut résister à la puissance de l'amour de Jésus. Les obstacles qui se dressent devant nous sont effectivement considérables, mais ils peuvent être surmontés par l'intermédiaire du ministère des missionnaires évangéliques asiatiques.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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