Révolution dans les missions mondiales (Page 14 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

Les missions sont-elles une option?

Si l'apôtre Paul n'avait pas apporté l'Évangile en Europe, des principes fondamentaux comme la liberté et la dignité humaine ne feraient pas partie de l'héritage américain.

Puisque l'Esprit Saint lui a dit de se détourner de l'Asie et de se diriger vers l'ouest, l'Amérique a été bénie par ses systèmes judiciaire et économique, qui lui ont permis de devenir riche et libre.

De plus, l'Amérique est la seule nation au monde fondée par des croyants en Christ qui se sont engagés envers Dieu en lui dédiant une nouvelle nation.

Nés dans l'abondance, la liberté et les bénédictions divines, les américains devraient être le peuple le plus reconnaissant sur terre. Mais aux privilèges s'ajoute également une responsabilité. Le chrétien doit non seulement se demander pourquoi il bénéficie de toutes ces faveurs imméritées, mais aussi ce qu'il doit en faire. D'un bout à l'autre de l'Écriture, nous voyons qu'il n'y a qu'une chose à faire quand on est dans l'abondance : partager.

Dieu donne à certaines personnes plus que ce dont elles ont besoin afin qu'elles puissent être des canaux de bénédictions pour d'autres. Dieu désire qu'il y ait de l'équité parmi son peuple sur toute la terre. C'est pour cette raison que l'Église du premier siècle n'était pas pauvre. L'apôtre Paul a écrit aux riches chrétiens de l'Église de Corinthe :

13 Car il s'agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, 14 mais de suivre une règle d'égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu'il y ait égalité,

La Bible dit et exige que nous fassions preuve d'amour envers les frères dans le besoin. En ce moment, pour des raisons historiques et économiques indépendantes de notre volonté, les frères dans le besoin résident en Asie. Les frères riches sont principalement en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande. La conclusion est évidente : ces croyants fortunés doivent partager leur abondance avec les églises qui en ont moins.

14 Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.
17 Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui ? 18 Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité.
14 Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, Lire la suite

Est-ce que les missions sont une option, surtout pour un pays aussi riche que les États-Unis? La Bible est claire sur ce point; chaque chrétien d'Amérique a un minimum de responsabilité à s'engager dans l'aide aux frères et sœurs pauvres des églises d'autres pays.

Dieu n'a pas accordé cette surabondance de bénédictions aux chrétiens occidentaux pour qu'ils puissent se détendre et profiter du luxe de cette société, ou pour se gaver de livres, d'enregistrements, d'enseignements et de conférences spirituelles. Il nous a laissés sur cette terre afin que nous soyons des agents de ces bénédictions spirituelles et matérielles, que nous apprenions à les partager avec d'autres et que nous administrions notre richesse de manière à accomplir la volonté de Dieu.

Qu'est-ce que cela veut dire? Dieu nous appelle, en tant que chrétiens, à modifier notre style de vie, à renoncer à ce qui n'est pas essentiel de sorte que nous puissions mieux investir dans son royaume.

Pour commencer, j'encourage les croyants à mettre de côté un dollar par jour pour aider à soutenir financièrement un missionnaire natif au tiers-monde. Évidemment, cela doit s'ajouter aux autres engagements qu'on a pris envers l'église locale et d'autres ministères. Je ne demande pas que les chrétiens redirigent les dons qu'ils font déjà à d'autres organismes vers les missions en Asie, mais bien d'être plus généreux qu'ils le sont déjà. C'est une chose que la plupart des gens ont les moyens de faire.

Des millions de nord-américains et d'européens peuvent facilement atteindre ce but en se privant de biscuits, de gâteaux, de sucreries, de café et d'autres boissons. De toute manière, ces produits sont nocifs pour la santé, et n'importe qui peut économiser suffisamment d'argent ainsi pour soutenir un ou deux missionnaires par mois. Beaucoup de gens font encore plus que cela, sans pour autant affecter leur santé ou leur bonheur, et arrivent à parrainer plusieurs missionnaires chaque mois.

Il y a évidemment bien d'autres façons de participer à l'œuvre. Certaines personnes à court de ressources financières supplémentaires peuvent consacrer du temps à la prière et aider à recruter d'autres commanditaires. D'autres sont appelés à aller outre-mer pour participer plus directement à l'œuvre missionnaire sur le terrain.

Mais j'oserais dire que le plus gros obstacle à l'évangélisation mondiale actuellement, c'est le manque d'engagement de la part du corps de Christ. Je suis convaincu qu'il y a suffisamment de donateurs potentiels pour soutenir tous les missionnaires nécessaires à l'évangélisation du tiers-monde.

Le mouvement des missionnaires indigènes est relativement nouveau, et beaucoup de chrétiens n'ont pas encore été sollicités à y participer. Mais cela a peu d'importance. La réalité est bien plus fondamentale et destructible. Il y a trois raisons majeures qui empêchent le corps de Christ de contribuer à l'évangélisation mondiale, qui sont les péchés de l'orgueil, de l'incrédulité et de l'attachement aux choses de ce monde.

Demandez à n'importe quel chrétien pourquoi Dieu a détruit Sodome et il vous dira que c'était à cause de l'immoralité des habitants de cette ville. Cependant, Ézéchiel nous révèle la véritable raison :

49 Voici quel a été le crime de Sodome, ta soeur. Elle avait de l'orgueil, elle vivait dans l'abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l'indigent. 50 Elles sont devenues hautaines, et elles ont commis des abominations devant moi. Je les ai fait disparaître, quand j'ai vu cela.

Les habitants de Sodome ont refusé d'aider le malheureux et le pauvre parce qu'ils étaient orgueilleux. Notre pays est enflé d'orgueil tout comme Sodome. En effet, l'égoïsme et la perversion viennent de l'orgueil, mais nous devons comprendre que l'orgueil est la réelle racine de ces péchés. Soignez les racines et vous enrayez une multitude de péchés avant même qu'ils n'aient le temps de pousser.

Un soir, alors que je donnais une conférence dans une église, le conseil d'administration a demandé à me rencontrer en privé après mon discours pour donner mon opinion sur un nouveau projet missionnaire. Comme je venais de prêcher et que j'étais très fatigué, je n'avais pas envie de participer à une réunion du conseil d'Église. L'assemblée, à laquelle assistaient 22 membres, a commencé de la façon habituelle, mais elle avait plutôt des airs de réunion d'affaires de IBM ou General Motors, qu'à une réunion du conseil d'Église.

Le présentateur a fait ce qui ressemblait à une impressionnante proposition d'affaires. Le plan consistait à déplacer des missionnaires du tiers-monde en Asie vers l'Amérique latine. L'idée était très futuriste et donnait l'impression de faire avancer les missions mondiales d'un grand pas. Toutefois, une sonnerie d'alarme s'est déclenchée dans ma tête. À mon avis, tout cela ressemblait étrangement aux pratiques des missions coloniales du 19e siècle présentées sous un aspect différent.

Seigneur m'a dit clairement : « Mon fils, ce soir tu vas parler à des hommes qui sont tellement autosuffisants qu'ils ne m'ont jamais consulté en rapport avec ce plan. Ils me croient impuissant. »

Lorsque le président d'assemblée m'a enfin demandé ce que je pensais du projet, je me suis levé et j'ai cité une partie de Matthieu 28.18-20 :

18 Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Lire la suite

Puis, j'ai refermé ma bible, je les ai tous regardés dans les yeux et j'ai dit : « S'il est avec vous, alors, vous le représenterez. Vous ne ferez pas que l'imiter, vous exercerez son autorité. Où est la puissance de Dieu dans ce plan? »

Je n'ai pas eu besoin de parler très longuement. Le Saint-Esprit avait oint mes paroles et tous semblaient avoir compris.

Ensuite, j'ai demandé : « Combien de fois vous êtes-vous réunis pour prier? Avez-vous consacré une seule journée à prier pour connaître la volonté de Dieu concernant votre stratégie de mission? » À voir leurs yeux, il était évident qu'ils n'avaient pas prié longtemps à propos de leur budget, qui était alors dans les centaines de milliers de dollars. La discussion s'est poursuivie jusqu'à 1 h 30 de la nuit, avec un nouvel esprit de repentance dans la pièce.

À la fin de la réunion, le dirigeant m'a avoué : « Mon frère, vous avez détruit tout notre travail, mais maintenant, nous sommes prêts à attendre le plan de Dieu. »

Ce genre d'humilité ramènera l'Église dans la volonté et le plan d'ensemble de Dieu. Les églises de notre époque n'expérimentent pas la puissance et l'onction de Dieu dans leurs ministères parce qu'elles n'ont pas l'humilité nécessaire pour attendre après lui. Ce péché fait en sort qu'une grande partie du monde n'a encore jamais entendu l'Évangile.

Très peu de chrétiens dépendent totalement de Dieu dans leur travail d'évangélisation. Tout comme les frères et les sœurs de cette grande église, nous avons conçu des méthodes, des plans et des techniques pour « accomplir » l'œuvre de Dieu. Ceux qui y sont engagés ne ressentent pas le besoin de prier ou d'être remplis du Saint-Esprit pour exécuter l'œuvre de Jésus.

Nous nous sommes bien éloignés de la foi des apôtres et des prophètes! Quelle tragédie lorsqu'on fait entrer les techniques du monde et leurs agents dans le sanctuaire de Dieu. Ce n'est qu'à partir du moment où nous cessons de croire en nos propres capacités que Dieu peut nous utiliser. Quand un conseil d'église ou un missionnaire passe plus de temps en consultation, en planification ou en réunion que dans la prière, il est clair que les membres ont perdu contact avec le surnaturel, et dans les mots de Watchman Nee, ils : « servent la maison de Dieu et ont oublié le Seigneur Lui-même. »

Le péché d'orgueil est une forme de racisme à la fois subtil et profond. Au cours de mes voyages, j'entends souvent des questions telles que : « Comment peut-on savoir si l'Église en Asie est prête à gérer les fonds? » Ou encore : « Quel genre de formation les missionnaires natifs ont-ils reçu ? » Si ces questions sont basées sur un désir sincère d'être de bons administrateurs, elles sont louables, mais, dans bien des cas, j'ai remarqué que les raisons pour lesquelles on pose ces questions sont beaucoup moins honorables. Les occidentaux refusent d'accorder la même confiance aux asiatiques qu'à leurs compatriotes. Si nous croyons qu'un missionnaire natif est réellement appelé comme évangéliste, nous devons faire confiance à Dieu et céder notre intendance à cet homme et à ses anciens de la même manière que nous le ferions avec un frère de notre société. L'idée de vouloir garder le contrôle sur les missions étrangères et leurs fonds depuis un comité installé dans un autre pays n'est rien d'autre qu'une extension du colonialisme. En agissant ainsi, on ne ferait qu'ajouter un élément non biblique qui, à la longue, finirait par humilier et affaiblir les missionnaires natifs.

Les chrétiens ont besoin de comprendre qu'ils ne donnent pas leur argent à des missionnaires aborigènes, mais qu'ils donnent l'argent de Dieu à ses ouvriers outre-mer.

Voici d'autres manifestations de l'orgueil : au lieu de glorifier les héros batailleurs américains, les chrétiens feraient mieux de rester tranquillement assis en attendant que Dieu manifeste sa puissance dans leurs activités spirituelles. Les chrétiens ont besoin de retrouver et de développer certaines disciplines spirituelles qu'ils ont perdues, à savoir la contemplation, le jeûne, l'écoute, la méditation, la prière, le silence, la mémorisation de l'Écriture, la soumission et la réflexion.

Beaucoup de dirigeants chrétiens sont pris dans des problèmes secondaires qui sapent leur temps et leur énergie. Je n'oublierai jamais le jour où j'ai prêché dans une église dont le pasteur avait lancé une croisade pour la défense d'une certaine version anglophone de la Bible. Non seulement, il passait la majeure partie de son temps à parler en faveur de son idée, mais il a investi des milliers de dollars dans la publication de livres, de brochures et de livrets qui prônent l'utilisation de cette seule version de l'Écriture.

Depuis que je vis et que je travaille aux États-Unis, j'ai vu de nombreux chrétiens et des assemblées entières s'engager dans des campagnes et des causes similaires qui, sans être tout à fait mauvaises en soi, finissent par détourner l'attention de l'obéissance à Christ. Et dans ce sens, elles nuisent à l'établissement du royaume de Dieu. Des questions brûlantes, telles que l'inerrance, les dons charismatiques, les dernières révélations des enseignants itinérants, l'humanisme, ou tout autre thème qui fera son apparition demain, doivent être gardées en perspective. Il y aura toujours de nouveaux dragons à terrasser, mais il ne faut pas laisser ces questions secondaires nous empêcher d'accomplir notre tâche principale, qui consiste à bâtir et étendre le royaume de Dieu.

Lors de mes voyages en Asie, j'ai pu constater qu'il y a des divisions aussi violentes parmi les communautés chrétiennes et les théologiens, mais sur des questions différentes. J'ai donc réalisé que, très souvent, le malin se sert de ces divisions doctrinales pour nous tenir occupés à autre chose que l'Évangile.

Nous sommes menés par notre « moi » qui cherche toujours à avoir raison. Nous sommes esclaves d'une forte tendance à demander que tout se déroule selon notre bon vouloir. Ce sont là, des manifestations de l'orgueil. Le contraire de l'orgueil, c'est l'humilité dans le service et le sacrifice en obéissance au commandement de Christ. Faire un sacrifice pour un frère inconnu, en appuyant financièrement son œuvre auprès d'un peuple étranger dans un pays étranger, au moyen de méthodes qui nous sont inconnues, requiert effectivement de l'humilité. Cependant, le soutien envers les frères d'Asie commence par ce genre d'engagement humble, et doit continuer dans le même esprit. Malheureusement, notre orgueil se met souvent en travers de la voie du progrès.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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