Révolution dans les missions mondiales (Page 20 / 31)

Un e-book de K. P. Yohannan

Le vrai coupable : l'ignorance spirituelle

Alors que je prêchais dans une conférence missionnaire dans une ville du Sud des États-Unis, mes hôtes avaient eu la gentillesse de me réserver une chambre d'hôtel.

C'était bon d'avoir quelques minutes pour me détendre, et j'étais impatient de prendre un peu de temps pour prier et méditer la Parole.

En m'installant, j'ai allumé l'énorme poste de télévision qui dominait la pièce. Ce qui est apparu à l'écran m'a choqué plus que tout ce que j'avais vu en Amérique jusqu'ici. Une jolie femme était assise dans la position du lotus et enseignait le yoga. J'ai observé avec horreur et stupéfaction pendant qu'elle faisait l'éloge des bienfaits physiques des techniques de respiration et autres exercices de cette pratique religieuse orientale. Ce que les téléspectateurs ne savaient pas, c'est que le yoga n'a qu'un but, celui de préparer l'esprit et le corps à recevoir les mauvais esprits des faux dieux de l'Est.

Puisque ce yogi, vêtu d'une combinaison moulante, clamait détenir un doctorat et que son émission était diffusée sur un canal éducatif, je présume que beaucoup de téléspectateurs croyaient qu'il s'agissait simplement d'une autre émission d'exercices physiques inoffensifs. Mais ceux qui, comme moi, ont grandi dans une nation dominée par les puissances des ténèbres savent que des centaines de religions orientales s'introduisent aux États-Unis et au Canada sous des noms inoffensifs, et même à consonance scientifique.

Très peu d'Occidentaux, en regardant les reportages sur la pauvreté et la violence qui existent en Asie, prennent le temps de s'arrêter pour se demander pourquoi l'Est semble être destiné à un cycle interminable de souffrance alors que les nations occidentales sont tellement bénies.

Les humanistes séculiers ont vite fait d'expliquer la disparité en débitant toutes sortes de raisons historiques et pseudo-scientifiques, pour éviter d'admettre la vérité. La vraie raison est pourtant simple : l'héritage judéo-chrétien de l'Europe a attiré la faveur de Dieu, tandis que les fausses religions ont apporté la malédiction de Babylone sur les autres nations.

Les chrétiens matures savent que la Bible dit qu'il n'y a que deux religions dans le monde. Il y a l'adoration du seul vrai Dieu et il y a un faux système inventé dans la Perse antique. Plus tard, les armées perses et les prêtres ont répandu leur croyance en Inde, où elle a pris racine. Les missionnaires l'ont à leur tour propagée dans toutes les autres nations de l'Asie. L'animisme et les autres religions asiatiques ont un héritage commun qui découle de ce système religieux.

Étant donné qu'un grand nombre d'Occidentaux ignorent cette réalité, le mysticisme oriental arrive à s'introduire dans les pays occidentaux par l'intermédiaire de la culture populaire, des groupes rock, des chanteurs et même de certains professeurs d'université. Les médias sont devenus le nouveau véhicule dont les gourous américains se servent pour répandre l'ignorance spirituelle.

Il est plutôt difficile de blâmer les chrétiens moyens de ne pas comprendre l'héritage judéo-chrétien qui a apporté autant de richesses dans leur pays. La plupart n'ont jamais vraiment pris le temps d'étudier et de comprendre la situation qui existe réellement en Orient. Très peu de pasteurs et de prophètes sonnent l'alarme.

En Asie, la religion de Babylone fait partie intégrante de la vie de chaque jour. Sans Christ, les gens vivent pour servir des esprits religieux. Tout dans la vie d'un Asiatique est relié à la religion : son nom, sa naissance, son éducation, son mariage, ses affaires, ses contrats, ses voyages et sa mort.

Puisque la culture et les religions orientales sont si mystérieuses, beaucoup d'Occidentaux en sont fascinés, mais ils ne savent rien du pouvoir qu'elles ont pour tenir leurs adeptes dans l'esclavage. Ce qui accompagne habituellement ces mystérieuses religions de Babylone, ce sont la dépréciation, l'humiliation, la pauvreté, la souffrance, et parfois même la mort.

À mon avis, la plupart des croyants d'Amérique sont dépassés par les différents reportages des médias à propos de l'Asie. Les chiffres qu'on rapporte dépassent l'imagination, et l'injustice, la pauvreté, la souffrance et la violence semblent impossibles à enrayer. Tout ce qui est lié au monde oriental semble si mystérieux et démesuré qu'on ne peut le comparer à rien de ce que l'on connaît.

Dans mes voyages, j'ai remarqué qu'à cause de cela, les gens ont énormément de difficulté à vraiment saisir les besoins des asiatiques. Parfois, j'aurais envie de prendre ces personnes avec moi pour une tournée de six mois en Asie. Seulement, comme cela n'est pas possible, je dois me servir de mes mots, de photographies, de diapositives et de vidéos pour illustrer la situation.

À bien des égards, l'Asie est un endroit splendide, que Dieu a doté de rivières majestueuses, de forêts tropicales, des montagnes de l'Himalaya et d'un superbe mélange de peuples magnifiques. De nombreuses cultures se fondent dans les grandes villes telles que Mumbai (Bombay), Bangkok et Kuala Lumpur, et leurs sociétés commerciales sont parmi les plus importantes au monde dans des domaines aussi variés que la physique, la technologie informatique, l'architecture et l'industrie cinématographique. Les gens viennent de toutes les parties du monde pour voir le Taj Mahal en Inde et l'Angkor Vat au Cambodge. Puisque tout près des deux-tiers de la population mondiale vit en Asie (ce qui équivaut à plus que les populations de l'Europe, de l'Afrique, des Amériques du Nord et du Sud combinées), il est important que nous prenions le temps de comprendre les réels besoins de ces peuples précieux.

Selon le point de vue des missions chrétiennes, l'Asie représente plus que des chiffres considérables. L'Asie compte au-delà de deux milliards de peuples cachés que les efforts missionnaires traditionnels et les médias d'évangélisation de masses ne rejoignent pas. Ces personnes sont les plus perdues des perdus, prisonniers des ténèbres spirituelles.

Quel est le défi auquel les missionnaires natifs en Asie font face aujourd'hui? Quels sont les besoins réels? De quelle manière les chrétiens peuvent-ils mieux aider l'Église asiatique et les missions?

Je ne veux pas minimiser les besoins sociaux et matériaux des nations asiatiques, mais il est important de souligner que leur principal besoin en est un d'ordre spirituel. Lorsque les médias occidentaux se concentrent davantage sur le problème de la faim, par exemple, en diffusant des images d'enfants affamés, les américains peuvent difficilement comprendre quel est le problème le plus criant.

Mais qu'est-ce qui engendre la faim, au juste? Les chrétiens asiatiques savent que ces conditions horribles ne sont que des symptômes du véritable problème : l'esclavage spirituel. Le facteur-clé, pour comprendre le problème de la faim en Inde, et ce que l'on néglige le plus, c'est la façon dont leur système de pensées affecte la production de nourriture. La plupart des gens savent que les « vaches sacrées » errent librement et mangent des tonnes de grain tandis que le monde autour meurt de faim. Mais il y a un autre coupable, plus sinistre encore et moins connu, que les croyances religieuses protègent, le rat. Selon ceux qui croient à la réincarnation, il faut protéger le rat en tant que récipiendaire probable d'une âme réincarnée au cours de son cheminement vers le Nirvana. Bien que de nombreux asiatiques rejettent cette idée et tentent d'empoisonner les rats, tous les efforts d'extermination à grande échelle ont été contrecarrés par des protestations religieuses.

Chaque année, les rats mangent ou détruisent vingt pour cent des réserves de grain en Inde. Une étude effectuée dans le district de production céréalière de la ville d'Hapur, au nord de l'Inde, a révélé qu'il y en moyenne dix rats par maison.

Pour une seule récolte de céréales en Inde, comprenant du maïs, du blé, du riz, du millet, et autres, et totalisant 134 millions de tonnes métriques, la perte de vingt pour cent attribuable aux rats équivaut à 26,8 millions de ce total. Pour mieux visualiser la situation, imaginez un train de marchandises transportant cette quantité de céréales. Avec chaque wagon contenant environ 82 tonnes métriques, le train serait constitué de 327 000 wagons et s'étendrait sur 4 986 kilomètres. Les pertes annuelles en céréales en Inde rempliraient un train plus long que la distance qui sépare New York de Los Angeles.

Les effets dévastateurs du rat en Inde devraient en faire un objet de mépris. Au lieu de cela, à cause de l'aveuglement spirituel des gens, le rat est protégé et, dans certains endroits, comme dans ce temple situé à 50 kilomètres au sud de Bïkaner, en Inde du Nord, il est même vénéré.

Selon un article dans l'India Express, des centaines de rats, que les fidèles appellent des « kabas », errent joyeusement çà et là sur l'immense site du temple, et parfois même, dans la grotte contenant l'image de la déesse Karni Devi. Les fidèles et les responsables de l'entretien du temple nourrissent les rats de prasad (offrande présentée aux divinités). La légende veut que la prospérité de la communauté soit liée directement aux rats. Il faut marcher avec prudence dans le temple, car si un rat se fait écraser, non seulement cet acte est considéré un mauvais présage, mais il est sujet à une sévère réprimande. Une personne est considérée comme chanceuse lorsqu'un rat monte sur son épaule. Et il est encore préférable d'apercevoir un rat blanc.

Clairement, la souffrance que nous voyons sur les visages des enfants et des mendiants affamés est en fait causée par des siècles d'esclavage religieux. Dans ma chère patrie, chaque année, des milliers de vies et des milliards de dollars sont investis dans les programmes sociaux, scolaires, médicaux et d'aide humanitaire. La plupart des situations de crise que l'on considère comme désastreuses aux États-Unis seraient vues comme des évènements normaux de la vie de tous les jours dans la majeure partie de l'Asie. Quand il y a un désastre en Orient, le bilan des victimes est souvent comparable à celui de la guerre du Vietnam. Les gouvernements asiatiques luttent avec des ressources limitées combinés à des problèmes sociaux de taille.

Et même avec cette grande quantité de programmes sociaux, les problèmes de faim, de surpopulation et de pauvreté ne cessent de croître. Le véritable coupable n'est pas une personne, un manque de ressources naturelles ou même le système de gouvernement. C'est l'ignorance spirituelle qui contrecarre tous les efforts faits en vue du progrès. Elle condamne notre peuple à la misère, tant dans ce monde que dans le monde à venir. La plus importante réforme qui puisse être apportée en Asie est l'Évangile de JésusChrist. Plus de 400 millions de personnes de ma nation en Inde n'ont jamais entendu le nom de Jésus-Christ. Elles ont besoin de la vérité et de l'espérance que seul Jésus peut leur procurer.

Récemment, par exemple, un missionnaire natif de l'Asie, qui sert le Seigneur à Jammu, a demandé à un commerçant du marché local s'il connaissait Jésus. Après avoir réfléchi pendant un instant, le marchand a répondu : « Monsieur, je connais tous les habitants de notre village. Personne de ce nom n'habite ici. Vous devriez aller voir dans le village voisin. C'est peut-être là qu'il demeure. »

Il n'est pas rare que les gens demandent aux missionnaires si Jésus est le nom d'un nouveau savon ou médicament.

En Inde proprement dite, il y a au-delà d'un milliard de personnes, ce qui représente quatre fois la population des ÉtatsUnis. Un maigre 2,4 pour cent des ces gens seulement se disent chrétiens. Quoique ce chiffre nous soit fourni par le recensement gouvernemental, d'autres sources chrétiennes croient que le nombre s'élève plutôt à 7,4 pour cent. Toutefois, avec près de 500 000 villages qui n'ont pas encore été évangélisés, l'Inde présente certainement le plus gros défi pour la communauté chrétienne mondiale aujourd'hui. Si la tendance se maintient, l'Inde sera bientôt la nation la plus populeuse de la terre. Des 29 états indiens, plusieurs ont une population qui dépasse celle de nations entières en Europe et ailleurs dans le monde.

Non seulement, ils ont des populations immenses, mais chaque État est généralement aussi distinct que s'il était un monde totalement différent. Ils ont pour la plupart des cultures, des tenues vestimentaires, une alimentation et un langage complètement différents. Mais très peu de nations asiatiques sont homogènes. Tout comme en Inde, on y trouve un mélange de langues, de peuples et de tribus. La diversité qu'on retrouve en Asie est en fait ce qui présente le plus grand défi des missionnaires.

Photo de K. P. Yohannan
Pasteur

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