Le chemin du calvaire (Livre complet) (Page 4 / 11)

Une étude de Roy Hession

Le chemin de la communion

Lorsque l'homme tomba dans le péché et se choisit lui-même, plutôt que Dieu, comme centre de sa vie, le résultat fut non seulement de le séparer de la communion de Dieu, mais encore d'interrompre cette communion avec son prochain. La première révolte de l'homme contre Dieu, rapportée au chapitre 3 de la Genèse, fut bientôt suivie de sa première révolte contre l'homme, et ce fut le meurtre d'Abel par Caïn. La chute, c'est tout simplement « le fait que chacun suit sa propre voie ».

6 Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l'Eternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.

Si je préfère ma propre voie à celle de Dieu, il est évident que je la préfère aussi à celle de mon prochain. On n'affirme pas son indépendance vis-à-vis de Dieu, sans l'affirmer du même coup vis-à-vis des hommes. Et un monde où chacun suit sa propre voie ne peut être que rempli de tension, de barrières, de suspicion, de malentendus et de conflits de toutes sortes.

L'oeuvre accomplie par Jésus-Christ au Calvaire n'a pas consisté seulement à rétablir la communion entre l'homme et Dieu, mais encore entre l'homme et ses semblables : l'un ne saurait aller sans l'autre. Plus les rayons d'une roue se rapprochent du centre, plus ils se rapprochent les uns des autres. S'il n'y a pas de communion vivante et réelle avec tel ou tel frère, c'est la preuve que cette communion n'existe pas non plus entre nous et Dieu. La première épître de Jean mesure la profondeur et la réalité de la communion de l'homme avec Dieu à la profondeur et la réalité de sa communion avec ses frères :

9 Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres.
14 Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. 15 Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui.
20 Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ?

Tout ce qui constitue une barrière entre nous, si insignifiant que cela puisse paraître, en constitue une du même coup entre Dieu et nous. Et là où ces barrières ne sont pas immédiatement renversées, elles se transforment bientôt en murs si épais que nous nous trouvons entièrement séparés de la communion avec Dieu et avec nos frères. Si la vie nouvelle me remplit vraiment, elle me permettra de réaliser l'unité avec Dieu en même temps qu'avec mes frères ; alors, plus rien ne me séparera d'eux.

La lumière et les ténèbres

Quelle est la base de cette communion réelle avec Dieu et avec notre frère ?

7 Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.

Ce passage nous donne la réponse à cette question :

« Si nous marchons dans la lumière, comme Il est Lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » La lumière éclaire, révèle, tandis que les ténèbres cachent. L'oeuvre de la lumière consiste à nous révéler ce que nous sommes. « Tout ce qui est manifesté est lumière » (Ephésiens 5 : 13).

Mais tout ce que nous faisons ou disons (ce que nous taisons même), dans le but de cacher ce que nous sommes réellement, ressort des ténèbres.

Le premier résultat du péché en nous est toujours de nous amener à cacher ce que nous sommes véritablement. Le péché induisit nos premiers parents à se cacher derrière les arbres du jardin, et il n'a pas cessé, jusqu'ici, d'avoir le même effet. Le péché nous conduit toujours à l'irréalité, à la comédie, à la duplicité, à soigner les apparences, à nous excuser, et à mettre la faute sur les autres -et cela autant par le silence qu'en disant ou faisant quoi que ce soit. C'est là ce que le passage précédent appelle la marche dans les ténèbres :

8 Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière !

Pour certains, le péché en question n'est autre que la recherche de soi-même (tout ce qui procède du moi est péché), ou une cordialité feinte, destinée à cacher cette recherche ; mais ce n'en est pas moins la marche dans les ténèbres.

Quel contraste avec le verset 5 du même chapitre, qui nous dit que « Dieu est lumière », c'est-à-dire qu'Il est le tout-puissant, qui révèle tout et notamment l'homme tel qu'il est. « Il n'y a point en Lui de ténèbres », c'est-à-dire qu'il n'y a en Dieu absolument rien qui ressemble à la moindre parcelle des ténèbres ou à notre désir de dissimulation.

Il est donc absolument impossible pour nous de marcher avec Dieu en demeurant dans une ombre, si infime soit-elle, pas plus que d'avoir communion avec nos frères et soeurs, car ainsi nous ne nous montrons pas tels que nous sommes, et on ne saurait avoir communion avec quelqu'un d'irréel.

La base de la communion

La seule manière de réaliser la communion véritable avec Dieu et les hommes, c'est de vivre «au grand jour» avec tous les deux. « Si nous marchons dans la lumière, comme Il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion » La marche dans les ténèbres est le contraire de la marche dans la lumière. Spurgeon définit cette dernière comme suit : « être prêt à connaître et à être connu » En ce qui concerne la communion avec Dieu, cela signifie que nous sommes prêts à reconnaître toute la vérité sur nous-mêmes, à être convaincus de péchés, à courber la tête à la moindre suggestion de notre conscience, à appeler péché tout ce que Dieu nous signale comme tel, enfin à ne rien cacher, ni excuser. Une telle marche dans la lumière ne peut que nous rendre toujours plus sensibles au péché en nous, et nous le reconnaîtrons là où nous l'ignorions totalement auparavant. Cela pourrait nous faire reculer, et nous pourrions être tentés de nous protéger d'une telle clarté, si le verset cité plus haut ne se terminait pas par ces paroles : « et le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché ». Nous pouvons confesser et mettre sous le sang tout ce que la lumière de Dieu nous révèle comme péché ; alors, ce dernier est effacé, effacé devant Dieu et dans notre coeur. Son sang a le pouvoir de nous rendre plus immaculés que la neige. C'est ainsi que, demeurant continuellement dans la lumière, et étant continuellement purifiés par le sang, nous sommes en communion avec Dieu.

La communion promise ici n'est pas seulement avec Dieu, mais aussi avec les autres, et cela suppose que nous marchions dans la lumière avec notre frère ; nous ne saurions en aucun cas être «au grand jour» avec Dieu et dans les ténèbres avec notre prochain. Nous devons donc être prêts, non seulement à connaître, mais à être connus des hommes comme de Dieu, à accepter qu'ils nous éclairent sur nous-mêmes, et à agir de même envers eux, dans l'amour. Alors, nous ne cacherons plus notre véritable visage à nos frères et soeurs avec lesquels nous vivons, et cela par toutes sortes d'apparences plus ou moins authentiques, pas plus que nous ne continuerons à nous excuser et à nous blanchir. Nous serons honnêtes, nous renoncerons à notre propre manière de considérer notre vie spirituelle, ainsi qu'à notre orgueil et à notre bonne réputation, afin de devenir vraiment transparents avec nos frères en Christ. Cela signifie également que nous ne garderons plus dans notre coeur aucun sentiment malveillant à l'égard de qui que ce soit, mais que nous en chercherons tout d'abord la délivrance auprès de Dieu, puis le confesserons et mettrons les choses au point avec la personne en question. Nous réaliserons ainsi une communion toute nouvelle les uns avec les autres ; nous ne nous aimerons pas moins, mais infiniment plus.

Aucune servitude

Marcher dans la lumière, c'est simplement marcher avec Jésus. Cela ne suppose, par conséquent, aucune contrainte. Cela ne signifie pas non plus qu'à tout le monde nous devions ouvrir tout notre coeur. Ce qui compte avant tout, c'est notre attitude. Sommes-nous prêts à être entièrement transparents avec nos frères et soeurs, et à l'être en paroles lorsque Dieu nous le montrera ? C'est la vraie marche dans la lumière. Cela sera parfois humiliant, mais combien efficace pour la réalité de notre vie spirituelle et la connaissance de nous-mêmes ! Nous sommes si habitués à l'idée que Dieu nous connaît, qu'Il sait toute chose, que nous ne réagissons plus et que, pour finir, nous ne nous connaissons plus nous-mêmes. Mais qu'un homme reconnaisse, en la présence d'un autre, l'entière vérité sur lui-même, sous la direction du Saint-Esprit, et il se verra alors, lui-même et ses péchés, dans une lumière toute nouvelle ; il comprendra, comme jamais auparavant, où le sang rédempteur de Christ doit être appliqué progressivement dans sa vie. C'est là la raison pour laquelle l'apôtre Jacques nous dit de « confesser nos péchés les uns aux autres ».

D'après :

7 Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.

...Le but de la marche dans la lumière est la communion mutuelle. Et combien elle est réelle, cette communion, lorsque nous marchons ainsi ! De toute évidence, l'amour jaillira entre nous si chacun de nous accepte d'être connu tel qu'il est : pécheur repentant aux pieds de Jésus. Lorsque les barrières sont tombées et les masques arrachés, Jésus peut enfin nous unir et faire que nous soyons un coeur et une âme. Outre cela, nous avons encore la joyeuse certitude d'être en sécurité : plus de crainte que les autres aient à notre égard des pensées ou des réactions qu'ils cachent ! Nous savons que s'ils ont quoi que ce soit contre nous, cela sera immédiatement soumis à la lumière, dans le brisement et la confession (là où il y a des remontrances pleines de charité lorsqu'il s'agit de quelque chose que nous avons besoin de reconnaître.)

N'oublions pas, cependant, que la marche dans la lumière est avant tout une marche avec Jésus. C'est tout d'abord à Lui que nous avons affaire pour être purifiés et obtenir la victoire. Et si, ensuite, Dieu nous conduit à ouvrir notre coeur à nos frères, c'est alors bien plus un témoignage qu'une confession que nous leur apportons, et nous louons Dieu ensemble.

Equipes à deux pour le réveil

Jésus veut que nous commencions aujourd'hui à marcher dans la lumière d'une manière nouvelle. Joignez-vous pour cela à un autre, à votre ami chrétien, à la personne avec laquelle vous vivez, votre femme, votre mari. Laissez tomber votre masque. Sans aucun doute, Dieu vous a montré un point précis sur lequel vous devez être honnête avec eux. Commencez par là. Travaillez à deux, là où le Seigneur vous a placés. D'autres seront alors brisés au pied de la Croix, et ajoutés, comme Dieu le donnera. Réunissez-vous dans un esprit de communion véritable pour partager vos expériences spirituelles avec une parfaite franchise. Priez pour d'autres, puis allez -toujours en équipe- porter plus loin votre témoignage. Ainsi, Dieu pourra faire de grandes choses. Ceux qu'Il aura sauvés et bénis pourront à leur tour vivre et travailler en équipe, comme une boule de billard qui en met d'autres en mouvement, et pour finir, tout le pays sera inondé de la vie nouvelle qui procède du Seigneur ressuscité.

Photo de Roy Hession
Pasteur

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