L'Eglise et la Piété

"Exerce-toi à la piété".

Il est des recommandations d'hier qui ont toujours leur valeur aujourd'hui, comme celle de Paul à Timothée.
Aussi, lisez cette méditation d'Edmond de Pressensé, du siècle dernier :

- Quand on voit se presser les flots majestueux d'un fleuve sur la pente d'où ils s'élancent en gerbes écumantes et étincelantes, qui songe à l'humble origine de la cataracte ?

On ne pense pas que les eaux se sont amassées lentement, silencieusement, et qu'elles descendent des retraites profondes de la montagne.
Ainsi en est-il de ces grandes manifestations du christianisme, de ces hauts faits qui trouvent partout un retentissant écho.
Les triomphes signalés de l'Eglise ont été longtemps préparés dans le silence et la prière.
C'est dans le mystère de la piété individuelle, dans la retraite où se plaît l'âme qui vit en Dieu, que jaillit la source pure et cachée du fleuve de vie qui arrose et féconde la terre.

Remontez à l'origine des plus beaux mouvements religieux, vous verrez quelque humbles chrétiens prosternés devant la croix, adorant en silence. L'histoire de l'Eglise que nous lisons est toujours incomplète ; elle ne présente qu'un côté des choses.
Il en est un autre que Dieu seul connaît : c'est l'histoire de la piété individuelle.
La première est l'histoire extérieure, qui retrace les effets et les résultats ; la seconde est l'histoire intime, qui nous reporte aux causes. Apôtres et témoins du Christ, grands héros de la foi, vainqueurs du monde, dont les noms se lèguent d'une génération à l'autre, vous n'étiez pas seuls à combattre, derrière vous était l'armée innombrable des chrétiens obscurs.
Ils avaient, avec vous et pour vous, amassé les forces surnaturelles que vous avez déployés à la face du monde.

Les chambres hautes priaient tandis que les apôtres luttaient et triomphaient, et le temps des saints Paul, Pierre et Jean, était celui des Dorcas, des Lydie, des Gaius et de tant d'autres dont les noms n'ont été écrits que dans les cieux.

Combien de telles pensées sont de nature à nous inspirer de zèle et d'ardeur pour le développement de notre piété personnelle.
Dieu a mis à notre portée le plus beau des ministères ; ici une pauvre veuve vaut un apôtre, et celui qui aura le mieux servi l'Eglise ne sera pas l'orateur le plus éloquent, le penseur le plus profond, le pasteur le plus actif : ce sera le coeur le plus chrétien. Ce qu'il y a de plus grand dans le règne de Dieu, c'est ce qu'il y a de plus humble.

Apprenons à dire avec Jésus-Christ :

« Je me sanctifierai pour mes frères », en nous rappelant que notre sainteté rejaillit sur eux, et que la force spirituelle acquise par le membre le plus chétif contribue à l'accroissement du corps entier.

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