La compassion de Jésus : des gestes concrets !
Ce court extrait du chapitre 6 de l'Évangile selon Jean se situe au lendemain de la première multiplication des pains. Ce texte, nous l'invoquons souvent pour montrer que Jésus se souciait de l'ensemble des besoins de l'être humain : il prêchait, et il nourrissait les foules.
C'est vrai. Jésus a manifesté sa compassion par des gestes très concrets. Il accueillait ceux qui venaient à lui.
Devant une foule qui a faim, il s'inquiète de ce qu'elle va pouvoir manger. Lors de la deuxième multiplication des pains, il dira même :
Attention cependant. Le chapitre 6 de l'Évangile selon Jean va être l'occasion de dissiper des malentendus. Et ça va faire mal.
La foule revient vers Jésus. Elle a visiblement été mise en appétit par le miracle de la veille. Elle voudrait bien que Jésus renouvelle son miracle. Un peu comme Moïse qui avait donné du pain aux Israélites pendant 40 ans.
De quel pain parle-t-on ?
Le vrai pain venu du ciel, c'est celui qui donne la vie éternelle, pas celui qui nourrit l'estomac. Et c'est celui-là que Jésus est venu apporter. Jésus n'est pas venu répéter l'oeuvre de Moïse. Il n'est pas là pour nourrir physiquement le peuple (même s'il le fait à l'occasion), ni pour lui apporter une libération politique – il vient de se cacher pour refuser d'être fait roi.
Comme le dit très bien la Déclaration de Lausanne : « le salut n'est pas une libération politique. » Jésus déplore que ses interlocuteurs en restent à l'aspect matériel de ce qu'il a fait la veille :
La multiplication des pains est un signe qui renvoie à l'oeuvre de la croix et à la vie que Jésus est venu apporter au monde – et qui nous est représenté dans la Sainte Cène. Si l'on ne cherche pas la signification de ce signe, on est semblable à quelqu'un qui, lorsqu'on montre quelque chose du doigt, ne regarde pas la chose, mais le doigt.
De quelle faim parle-t-on ?
Ce texte nous rappelle d'abord que la faim la plus fondamentale, c'est celle qui est comblée lorsque nous nous approprions l'oeuvre de Jésus sur la croix.
L'une des idées fondatrices de l'action du S.E.L. en tant qu'oeuvre humanitaire chrétienne, c'est que, si l'homme a besoin de pain pour vivre, il ne vit pas de pain seulement.
Et ce texte nous montre aussi que si la multiplication des pains peut inspirer notre action sociale (et ce n'est sans doute pas le texte principal pour inspirer une action sociale), c'est dans la mesure où notre action fait signe vers quelque chose qui va plus loin. Dans la mesure où elle reflète l'amour dont nous avons été aimés et l'espérance de la résurrection du corps que Jésus apportera au dernier jour.